Echec de la rentrée 2/2

Enfant qui fait une moue dubitative

Résumé des épisodes précédents : au début c’était un rêve. Un début de vie idéal. Trois ans à pouponner, s’émerveiller de chaque instant partagé, remercier la vie pour ce qu’elle nous offre de bonheur. Et puis la bulle a éclaté et on s’est tous retrouvés dans la merde réalité, avec l’école maternelle dedans. Confrontés à d’autres humains, l’Enfant s’est métamorphosé : il a enlevé ses habits de petit chaton doré et il a revêtu ceux du chacal sauvage avec une rage de dents. En phase 1, il hurlait comme un animal que seuls les dessins animés peuvent réussir à rendre drôles. En phase 2, on l’a perdu.

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Echec de la rentrée – 1/2

femme pratiquant le yoga et la position du lotus

Alors Jeannine, à Mois+1, cette rentrée du Haricot, qu’est-ce qu’on en pense? Du mal mon petit, du mal. Pour être honnête je me tâte sur la possibilité de le retirer de l’école. Je crois que cette institution de dégénérés n’est pas faite pour nous. Ni pour lui, ni pour ses parents. En un mois elle a transformé notre fils en asticot perpétuellement vénère, grossier et impertinent. Le bon côté serait qu’elle lui a appris des comptines. Qu’est-ce que tu penses? Petit con mal élevé mais qui connaît plein de comptines, vaut le coup ou pas ?

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Pourtant c’était bien parti

Tout le monde parle de la rentrée, n’est-ce pas LE bon moment pour parler vacances?

Si.

Je sais ma Jeannine que ton côté rabat-joie préfèrerait, et de loin, se plaindre de l’enfant qui pleure tous les matins en arrivant aux abords de l’école, de la maîtresse beaucoup trop autoritaire, de cette liste de fournitures longue comme le bras, des autres élèves brailleurs et de leurs parents mal élevés, de l’école qui, de façon générale, part à vau-l’eau et autres considérations d’usage en ce début d’année scolaire, mais voilà: mon enfant est parfait, sa maîtresse aussi, et ma vie également. Donc move on Jeannine. Pas la peine de se faire un ulcère. Essaie plutôt le yoga Kundalini (suis en train de lire un bouquin sur le sujet, si t’es sage, je te mettrai au parfum. En attendant vois cette vidéo où la dame parle de se connecter à son nombril et médite.).

Allez viens, on parle vacances.

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J’ai rencontré la version aboutie de moi-même

Je me suis rencontrée en version réussie. Ca fait un choc je peux te dire.

La quarantaine, parisienne, un travail, un enfant. Ma vie, mais en version aboutie.

C’est une fille que j’ai croisée la semaine dernière. On a papoté, elle était assez sympa. Du coup le soir venu, je l’ai googlisée, normal, et je suis tombée sur son profil Insta.

#lechoc

Quand j’ai découvert les photos de sa vie, j’ai hésité un long moment entre geindre toute la nuit en émettant de petits cris étouffés et lui demander de m’adopter.

Je sais qu’on fait dire ce qu’on veut aux images. Que les profils des réseaux sociaux peuvent raconter une vie léchée et enviable très éloignée de celle que leurs propriétaires subissent en réalité. But still.

Toutes les photos elles formaient un ensemble tellement joli que j’en ai eu mal aux cheveux pendant trois jours.

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Rentrée des classes

petit garçon qui fait sa première rentrée des classes

Ca y est, j’ai fait ma pré-rentrée des classes!!! Pas vraiment pré-rentrée, disons réunion pour préparer celle de septembre. Et pas vraiment la mienne, plutôt celle de Haricot.
Mais j’étais en transe, et je le suis encore à l’heure où j’écris ces lignes (sachant que c’était il y a quatre jours, je te laisse imaginer l’état de mon corps). Donc Haricot rentre en maternelle en septembre. Je te dirais bien que ça nous a fait un choc mais ce serait mentir, rapport au fait qu’on attend (tous) ce moment depuis deux cents ans environ. C’est simple, depuis qu’il sait parler, il demande quand il ira à l’école (je fonde d’immenses espoirs en cet enfant. Ca sent l’ENA à plein nez). L’école est en bas de la maison, je crois que l’enfant a déjà repéré son porte-manteau puisqu’on passe devant la fenêtre qui laisse voir les porte-manteaux quatre fois par semaine. Le matin il guette ses congénères qui entrent dans l’école en laissant couler un filet de bave tellement il aimerait en être et je le soupçonne de s’être déjà présenté aux maîtresses et aux ATSEM derrière mon dos. Bon, il est impatient. Dieu, faites que la réalité soit à la hauteur du fantasme (rare …).

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Si je n’avais pas commencé la danse

Je suis tombée sur une vidéo éloquente et très instructive sur psychologue.net (suis pas du genre à mater des chatons qui se frottent, crois-le bien). En substance,  la vidéo décrit les bénéfices que tu ressens quand tu fais de la danse: que tu es moins stressée et de meilleure humeur, tout ça. Alors j’ai immédiatement partagé sur la page Facebook (si tu ne la suis pas, c’est le moment de réparer parce que je ne partage que des trucs éloquents et très instructifs) et j’allais passer à autre chose quand m’est venue une fulgurance (une de plus, je ne sais plus où les mettre): Doux Jésus mais à quoi ressemblerait ma vie si je n’avais pas commencé la danse ?!!!

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Abnégation parentale

Ce matin on était à la plage Jeannine. Il faisait un temps de toute beauté ; le soleil dardait ses rayons aveuglants sur nos serviettes ensablées et on était pas mal. On est en Martinique depuis 4 jours, faut dire ; ça aide à être pas mal. Depuis, on écume les plages de la région, comme d’autres les boîtes de nuit. Plage, resto, plage. Dans 3 jours on n’a plus une thune ni un bout de peau sans coups de soleil mais entre-temps on aura été pas mal. L’enfant s’acclimate au poil, et nous suit sans broncher dans nos différentes pérégrinations. Notre seul échec dans l’histoire, c’était la sieste. La sieste sur la plage, il voulait pas. On a chanté Ben Mazué, fait un câlin, des caresses, mis un paréo en couverture, grondé, dormi à côté. Rien à faire. Il voulait pas.
Sauf aujourd’hui.

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Pôle Emploi en stilettos

Ce matin j’ai dû retourner à Pôle Emploi. J’y étais passée hier aux alentours de 11h, après avoir effectué quelques achats, rapport à notre proche départ en vacances très loin. Je m’étais pointée comme une fleur fraîche devant la dame du comptoir, elle m’avait dit: « Il fallait être là à l’ouverture il y 2 heures ». Mes maillots de bain tout neufs et moi, on est repartis.

Je me suis donc réveillée aujourd’hui avec la ferme intention de recommencer, et réussir, cette opération ô combien délicate. Je dirais « cette bonne grosse galère » même. J’ai  commencé à me raidir de stress dès le réveil. J’y pensais sous la douche (il faut y être à l’ouverture, il faut y être à l’ouverture) avec ce sentiment d’urgence que seuls ceux qui ont expérimenté une visite à Pôle emploi, la CAF ou les impôts connaissent. J’ai sauté dans ma voiture à 8h46, j’ai même baissé le son de France Info pour rester focus et, arrivée à destination,  j’ai prié tous les dieux du stationnement pour qu’une place se libère rapidement. C’est ce qui s’est produit (ça s’appelle « Faire une demande à l’Univers »).

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Tourner 7 fois sa langue

Le monsieur est assis en face de moi. Il est noir, les traits fins, plutôt jeune. Il est venu pour qu’on l’aide à remplir un dossier. Je m’en charge.

« Ah vous êtes aussi, vous êtes de 78? je lui dis pour briser un peu la solennité de l’ambiance. Comme moi. »
Il lève les yeux vers moi et m’observe, étonné.
« Ah oui? »
Je rigole et reconnais qu’il paraît plus jeune, lui.
« Mais on ne va pas le dire pour ne pas me vexer ok? je lui demande avec un clin d’oeil très appuyé. Vous les noirs, vous avez un capital jeunesse de départ. Vous êtes moins ridés que nous les blancs. C’est vrai non? Mon mec est comme ça. Pas une ride. C’est pas juste! »

Il sourit et approuve:

« Oui c’est vrai, j’ai une bonne peau. Et je mange pas à ma faim aussi, ça aide ».

Le réfugié afghan

Il a une vingtaine d’années. Brun, les cheveux longs, très beau malgré sa mine renfrognée. Il est afghan et dort à la rue depuis une semaine.

Vous êtes tout seul? je lui demande.

Yes.

Vous dormez comment?

I have a tent.

Et pour la santé? Ca va? Vous êtes en bonne santé?

Yes.

Vous avez quoi comme couverture médicale ? La CMU?

Il fronce les sourcils comme si je venais de lui parler espagnol. Je la retente.

La CMU?

Les sourcils n’ont pas bougé.

L’AME alors? Aide Médicale d’Etat?

Il se concentre et cherche une réponse. Puis il relève la tête :

I have Facebook.

:)))