Le mythe du dernier moment

L’été dernier, on a voulu tester le concept du « dernier moment ». L’idée c’était « Au diable les préparatifs des semaines à l’avance, on est jeunes, on est fous!!! ».

On est cons oui, surtout.

Tu sais ce que c’est le dernier moment en août?  Ca n’existe pas en fait; ça n’est pas possible. Enfin si c’est possible: mais uniquement pour la catégorie « WILD » de la population. Catégorie INSEE qui rassemble, âges et catégories socio-professionnelles variés, des gens qui peuvent vraiment se permettre l’improvisation. Des jeunes sans attaches, des audacieux sans craintes, des gens libres sans contraintes, et des riches. Breaking news: nous ne sommes RIEN de tout cela. Nous avons un enfant en bas-âge, des envies précises et un budget limité. Déjà, commencer à regarder 6 mois avant, c’est compliqué, mais 15 jours avant, autant te dire que tu as plus de chances de gagner les JO en triathlon.

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Quand il fait froid

J’ai l’habitude de ce métier mais aujourd’hui j’ai craqué. Il faisait trop froid, la situation était intenable. J’ai fini la journée en pleurant. Pas quelques larmes discrètes ma Jeannine, non: un torrent. Des larmes en cascade, incontrôlables et indissimulables. Mes collègues étant ce qu’ils sont – exceptionnels – ils m’ont consolée. Pas jugée une seconde sur le manque de professionnalisme que ces larmes seraient susceptibles de révéler. Certains naïfs ou abrutis pérorent sur le fait que les « métiers d’aide » se doivent de garder une certaine distance, que la compassion est nécessairement mesurée. L’affection est un gros mot dans nos métiers. On a une carapace, et c’est théoriquement ce qui permet de faire le job correctement. Ce soir ma carapace s’est fissurée.

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3 ans déjà

A la naissance de mon fils, j’avais commencé à noircir quelques pages d’un carnet pour me souvenir des jolis moments, puis quelques mois plus tard, des premiers mots émouvants. J’avais prévu de continuer comme ça toute son enfance, mais la vie étant ce qu’elle est, j’ai fait d’autres trucs (des listes de courses, des courriers à l’URSSAF, des tartes aux pommes, que sais-je). Bref ça m’ennuie de ne pas avoir noté ce qui a été cool cette dernière année donc je vais le faire là. Ca t’embête pas? Je vais te noyer de souvenirs larmoyants. Bon appétit.

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Fuck la sérénité

Tu sais Jeannine, je me suis vachement assagie en grandissant. Aujourd’hui je travaille beaucoup sur mon moi intérieur. J’essaie de gagner en douceur, de faire davantage preuve de tolérance, de teinter de bienveillance chacune des paroles que j’adresse à mon fils ma bataille, de prendre en considération les conseils qu’on me donne, bref de devenir une meilleure personne, du moins moralement (physiquement je suis déjà au top).  Et j’aime bien cette époque où le développement personnel a pris sa part et nous apporte, chaque jour que Dieu fait, son lot de conseils pour apprendre à nous améliorer.

Mais comment dire? Trop c’est trop les gars. J’en ai plein dos des incantations bien-être des ayatollahs de la bien-pensance.

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Cher Père Noël

Salut mon grand,

Tu vas bien? Dis-moi, je sais que je m’y prends un peu tard mais je voulais te faire part de mes desideratas en matière de cadeaux cette année. Loin de moi l’idée que tu choisis mal, mais vous les mecs, mieux vaut vous aiguiller un peu, si je peux me permettre. Donc prends pas ombrage, je t’oriente. Moi ça m’évite des déconvenues (je ne te ferai pas l’affront de te remémorer certains cadeaux mais on sait, toi et moi, qu’il y a eu quelques ratages par le passé, pour le dire poliment), et toi ça te fait gagner du temps. Tout le monde est content. Si c’est pas l’esprit de Noël ça!

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Ma belle-famille

papi mémé tonton tata

Quand ma belle-mère nous a ouvert la porte dimanche dernier, elle a accueilli son fils et son petit-fils à bras ouverts. Moi j’ai cru que j’allais me faire recaler à l’entrée. Elle m’a regardée de haut en bas façon videur de boîte. Je suis restée debout comme une dinde, ça a duré mille ans et puis elle s’est effacée pour me laisser passer.

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Ikea t’es pas sympa

Hulk un peu énervé

On avait acheté un appart. L’appart il allait se construire et après ce serait à nous de mettre une cuisine dedans. Beau challenge comme qui dirait. Un peu génial comme perspective (= on peut tout faire) mais un peu vertigineux aussi (= y a trop à faire).

Je me souviens qu’au début de la construction de l’immeuble, au moment où nous avons choisi les sols de l’appart, le monsieur qui était là pour nous conseiller se trouvait être un spécialiste de l’architecture intérieure. Ce jour-là il nous a dit: « Ah mais ne traînez pas! Certes il vous reste un an et demi mais le temps passe à une vitesse…au moment où vous vous apercevrez qu’il ne vous reste plus que quelques mois, ce sera déjà trop tard. Ca prend un temps fou de faire une cuisine! ». Ni une ni deux j’ai mis un coup de pression à l’Homme (un de plus, oui) et nous avons, séance tenante, programmé tous nos week-ends chez la quasi totalité des cuisinistes de ce pays. Hormis tous ceux dont le budget nous faisait dépasser le PIB du Gabon. Il restait Ikea donc.

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Noces de laine: fierté

Je t’explique Jeannine: on a fêté nos 7 ans d’amour. Incommensurable. Je suis comme Artaban (fière, oui).

Véritablement, je suis plus fière que quand j’ai obtenu mon permis (je l’avais raté 3 fois, j’étais à deux doigts de finir ma vie à 4 pattes, autant te dire que j’ai roulé des fesses quand on m’a donné le papier rose).

7 ans!!! Mazette, j’ai l’impression d’avoir mené mon couple à la victoire.

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Quand l’inspiration te prend

Great news Jeannine: avec l’Homme on a acheté un appart. On passe propriétaires comme ils disent. On change de niveau. On est promus par la vie.

On l’a acheté il y a mille ans, sur plan. A l’époque je m’étais dit: Appart neuf = terrain vierge. Page blanche pour ma créativité sans bornes. Enfin, après tant d’années de location qui avaient bridé mon imaginaire, j’allais pouvoir m’exprimer, que dis-je, m’épanouir dans toute la grandeur de mon inspiration.

J’avais en tête un salon blanc immaculé avec un mur vif peint dans la couleur Pantone de l’année, avec un nom hyper recherché style « Tropique ensoleillé » (vert quoi). Les gens se seraient extasiés en pénétrant dans le living-room (quand un mur de ton salon est peint en tropique ensoleillé, on ne parle plus de salon mais de living-room) et auraient pensé « Est-elle douée quand même! » (quand un mur de ton salon est peint en tropique ensoleillé, les gens te respectent et te parlent comme si tu étais La Pompadour).

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