Le trek dans les rizières

 

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue (ok je m’emballe).

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrere que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs (j’ai réussi je peux te dire).

 


Je n’ai qu’une chose à dire: on rentre de 2 jours de trek dans les montagnes.

Et hop là !!!!!

C‘était pas prévu, ça s’est fait comme ça, au pied levé.
Physiquement je pense être allée au bout de moi-même. D’ailleurs depuis, je marche en canard.

Enfin ça valait le coup: on vient de passer 2 jours dans les rizières en terrasse de Banaue et Batad, 2 villages perdus dans les montagnes de l’île de Luzon, au nord de Manille.

Roots à mort.
Je me suis dit: vas-y ma grande fille, ne recule pas devant ce manque cruel de luxe. Sois forte.

On n’avait pas planifié tu vois.

On était à Manille, on avait prévu d’y rester 2-3 jours après notre arrivée, histoire de prendre la température et de décider du programme.

Et puis, serait-ce d’avoir vu un gamin de 8 ans max, aux yeux injectés de sang, poursuivre une vieille dame – qui se trouvait être assise dans notre bus – armé d’un bâton pour la frapper, et donc monter dans le bus pour la frapper (on a supputé qu’elle lui avait dérobé quelque-chose, un peu de drogue peut-être?)?

Peut-être le fait de passer à 2 doigts du coup de bâton dans la tronche, d’éviter de justesse la mort par accident de bus (c’était remuant du coup)?
Peut-être la surprise, mauvaise, faut reconnaître, de découvrir, par erreur, faut reconnaître aussi, les mauvais quartiers de la ville, ceux dans lesquels les enfants sont nus et désœuvrés dans la rue, les femmes droguées et les hommes rachitiques?
Toujours est-il qu’on a décidé de lever le camp plus tôt que prévu. Direction Banaue, pour se mettre au vert et se reposer du tumulte urbain.

Se reposer… Dieu qu’elle est naïve!!!

Si on m’avait dit ce que je viens de faire pendant 2 jours, je te jure, je ne l’aurais pas cru (et je ne l’aurais pas fait non plus d’ailleurs).

Le jeepney surchargé qui monte à mille à l’heure dans la montagne en tremblant de toute sa vieille carcasse (le truc a deux mille ans, il est plus vieux que la montagne je pense), avec nous deux sur le toit (« allez-y grimpez, qu’ils nous ont dit avant de partir. C’est super beau vu d’en haut ». Suis d’accord, à condition que tu restes en vie quoi).

Les 2 heures de grimpe à pied (tu m’aurais vue avec mon sac à main, l’allure !!!) pour rejoindre l’auberge de jeunesse et sa douche commune, les 2 heures de marche au retour pour rejoindre le jeepney et refaire la route dans l’autre sens, et finir par une douche dans un café avant de reprendre l’autocar pour rentrer à Manille, d’où je t’écris.
L’aventure du siècle.

Pékin express à côté, c’est le Club Med.

Mais qu’est-ce qu’on a kiffé !!!

C’est juste sublime ces rizières (8ème merveille du monde, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, ça te situe?).

Ca vaut mille fois la douche commune (je m’emballe).

Par contre attends: l’auberge de jeunesse, le concept quoi!!

Tu te souviens Bodhi dans Point Break ?

Il était là.
Le mec était là.

Il nous a joué de la guitare toute la soirée, en regardant au loin devant lui …. On était 10, genre « en communauté ». Ambiance on s’est jamais vus, mais on partage un repas dans ce décor sublime, sans électricité ni eau courante, on est liés pour la vie.

Avec Bodhi on s’est croisés sur le palier de la douche. Il sortait (il avait peut-être fait pipi parce que ça faisait douche et toilettes en même temps), moi j’y allais : y a un truc qui s’est noué, indéfectible.

La douche commune  Tu savais que ça existe ?

La même douche pour tout le monde. Invention quoi.

Anyway, on a passé 2 jours de folie, à arpenter les rizières tels des cabris.
C
’est plus pour la beauté de la formule je te dis tout de suite parce qu’en vérité, pour arpenter tels des cabris, si tant est que des cabris arpentent, faudrait encore avoir la condition physique.
Pour de vrai, on a marché péniblement et en haletant comme des centenaires parce que c’est super dur de marcher dans les rizières en terrasse. Il y a des escaliers partout, les marches sont hyper hautes, c’est éreintant.

Heureusement que je suis une grande sportive, sinon Dieu seul sait comment j’aurais terminé cette aventure.

Vivement la suite!

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