Chère Wonderbox…

Chère Wonderbox,

Je t’ai achetée pour aller passer un week-end avec mon mec, dans un joli endroit, en France.

Je t’ai choisie avec soin, soupesant pendant un bon moment les différents avantages et inconvénients de toi et de chacune de tes consoeurs (tu en as beaucoup).

J’ai fini par te sélectionner, pensant que tu réunissais tout ce que j’étais venue chercher.

Le choix dans les lieux, le choix dans la date, la facilité d’utilisation.

Tu sais Wonderbox, si je peux me permettre de t’apostropher ainsi, ma vie a beaucoup changé depuis l’enfant. J’ai moins de temps, nécessairement.

Mais je mets un point d’honneur à « conserver une vie de couple » comme ils disent dans Marie-Claire.

Je ne suis pas que femme à changer, bien qu’avec une dextérité sans égal, une couche sale.

Je ne suis pas que mère attentionnée confectionnant de bons petits plats avec du persil dedans (oui, non contente de lui cuisiner des brocolis, je lui ajoute du persil. Pauvre enfant).

Je ne suis pas que voix douce et suave susurrant des berceuses dans le creux de son oreille.

Je suis aussi femme fatale, sublime en toutes circonstances.

Non je déconne.

Mais disons qu’un bon week-end de temps en temps n’est pas inutile.

Alors ma chère Wonderbox, sitôt rentrée, je t’ai déballée avec la frénésie d’un yorkshire devant un toiletteur. Une nuit dans un endroit de charme avec un dîner: j’en salivais d’avance.

J’ai commencé mes recherches.

J’ai d’abord réduit ma zone géographique à 200 km autour de Paris – rapport au fait que faire 8 heures de bagnole aller-retour pour 2 jours de week-end, je me demande si ça ne fait pas un peu beaucoup?

Gageons qu’il en est de même pour toute personne habitant dans un endroit précis: on choisit, la plupart du temps, de partir en week-end à une distance raisonnable de chez soi.

Ce qui veut dire que, sur les 300 endroits proposés, la moitié voire les 3/4 sont trop loin.

Et de fait, une fois ces considérations géographiques prises en compte, il ne me restait plus qu’une vingtaine d’endroits potentiels.

Ma chère Wonderbox, je me permets de te poser la question: est-ce vraiment nécessaire de proposer 300 endroits sachant que les seules personnes qui pourront en profiter sont celles qui possèdent un jet privé ?

Dis-moi Wonderbox, tu crois que les gens qui ont un jet privé, ils achètent un coffret pour 1 nuit en chambre d’hôtes chez toi? Bah non.

Il me reste donc une vingtaine d’endroits sur les 300 que j’ai payés. Un petit 10% donc (même pas, je sais Jeannine, t’énerve pas, j’ai fait littéraire au bac).
Autant dire qu’on ne paie pas la prolifitude du choix (littéraire) chez toi, Wonderbox.

Donc je feuillette le bouquin, et que vois-je? Que la plupart des endroits t’accueillent à partir de 17h ou 18h et que le lendemain, il faut être reparti à 10h.

Chouette.

J’en déduis qu’on t’incite non pas à profiter de la chambre, mais à visiter la région.

C’est formidable, j’adore quand on me dit ce que je dois faire de mes journées.

Voilà donc, rat que je suis, je mets de côté les 17 endroits, certainement très accueillants, qui me demandent de ne pas être chez eux avant la tombée de la nuit et d’en repartir avant le lever du soleil, et me voici avec les 3 qui restent.

Les winners.

Je suis au bord de l’euphorie. Je m’empresse de saisir mon téléphone, il faut dire que j’aimerais partir dans 2 mois, je vais donc réserver immédiatement.

1er coup de fil: pas de dispo avant 6 mois.
Il n’y a que 2 chambres.

« Nous ne sommes pas un hôtel Madame, nous sommes une maison d’hôtes. »

Pour partir en week-end à l’improviste, c’est mort. Pour partir en week-end avec une organisation normale aussi, tu me diras. Dans le concept, il faut prévoir que dans 6 mois, ça te fera beaucoup de bien d’aller te détendre avec ton mec. Faut être Madame Irma quoi.

Ou alors faut être très patiente. Du genre « bon là je sens qu’on est au bord de l’explosion, un petit break à la campagne, en amoureux, serait salutaire. Je réserve tout de suite, comme ça , dans 6 mois, on y est. »

Pas pratique pratique…

2ème coup de fil.

« Bonjour Madame, j’aimerais savoir si vous avez une disponibilité pour le 12 février?

– Seulement le 12 février Madame?

– Oui Madame.

– Ah bah non alors. On ne prend pas de réservations pour une seule nuitée.

– Mais pardon, j’appelle avec le coffret 1 nuitée, dans lequel vous figurez, c’est pour ça.

– Oui je sais bien, mais mon mari et moi sommes retraités, nous avons 66 ans et ça nous fait trop de travail, une seule nuitée. »

Bien sûr.

3ème coup de fil.

« Bonjour Madame, j’aimerais savoir si vous avez une disponibilité pour le 12 février?

– Alors avant tout Madame, je tiens à vous prévenir qu’on ne fait pas à dîner.

– C’est-à-dire?

– C’est-à-dire que je ne fais plus à dîner. Je me suis fait opérer de la hanche récemment, j’ai beaucoup de mal à me tenir debout. »

Bien entendu.

Voilà ma Wonderbox chérie, autant te dire, si tu ne l’avais pas encore deviné, que je n’ai pas réservé et que ce n’est pas grâce à toi que je vais maintenir mon couple sur des sommets d’amour et d’aventures régionales.

Ceci étant: j’ai un petit espace, entre la cuisine et le salon, derrière le fauteuil, où je peux peut-être proposer d’accueillir des gens façon chambre d’hôtes décontractée, t’en penses quoi?

En plus, je fais des brocolis au persil d’anthologie, ça intéressera forcément les gourmands, non?

Tu réfléchis, tu me dis?

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