Le dîner du siècle

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue.

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrer que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs


 

Sawadee Kha les amis,

Un petit bisou avant d’embarquer pour 10 heures de bus.

Toujours fun 10h de bus.

Surtout qu’en général il y fait un froid polaire dans leurs bus, tellement ils sont climatisés, et comme ma crève n’est toujours pas passée (celle que je traîne depuis 15 jours, je tente un record mondial), je crache et je tousse comme un vieux papi mal élevé.  On va s’éclater.

On vient de passer 2 jours et demi à Bangkok dans LE quartier des backpackers, population qui m’est chère comme vous le savez.

Tous ces babs habillés comme s’ils étudiaient à la Sorbonne, avec des dreads, des pantalons larges, des sacs informes et des sandales d’allemands…ça me laisse sans voix.

Je crois que tout sens de la mode leur est étranger…

Nous logeons donc dans le quartier de Khao San Road, dédale de rues sinueuses peuplées de budget hotels, de centaines d’échoppes de fringues et de bijoux, de bars, de gargottes  (1,50€ le plat complet avec un jus de coco), et des fameux salons de massage.

Et au milieu de tout ça déambulent des touristes (beaucoup de touristes), plus ou moins jeunes, habillés à la mode locale – locale pour le touriste s’entend –  soit un pantalon thaï (2 grandes jambes et une taille qui se noue en portefeuille. Se porte aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Existe en 1000 couleurs) et un tee-shirt à message.

Evidemment dans la vie normale je vomirais sur ce non-look, mais Dieu seul sait pourquoi, quand je suis à l’étranger, mon caractère a tendance à légèrement s’aplanir et il apparaît que j’ai déjà acheté 2 pantalons thaï, 6 tee-shirts à message, ainsi que 12 bracelets brésiliens (oui, à Bangkok, aucun sens, je sais).

Sachant que les tee-shirts sont beaux, mais uniquement si je rentre le ventre en continu, il est assez peu probable que je les porte un jour (pas davantage de sens, je le sais aussi).

Enfin, j’ai également cédé sur 8 carnets en bambou, pour le cas où j’aurais un jour l’envie de commencer à prendre des notes sur la vie…

Ca ne fait pas 3 jours qu’on est là…je n’ose imaginer la suite du voyage.

Notre hôtel est…sobre.

Pour vous donner une idée, la chambre est minuscule et l’unique fenêtre donne sur un mur.

On n’est pas là pour traînasser dans la chambre, ça tombe bien.

Mais le moment fort de ce début de vacances, c’est d’avoir dîné à l’Oriental, le mythique hôtel de Bangkok (5 étoiles, 140 ans d’existence, une légende).

On y est allés en barque. Ouais c’est dingo.

Notez, le plus dingo, c’était pas d’aller en barque au resto, c’était de quitter le quartier des backpackers en robe longue.

Parce qu’à l’Oriental, t’y vas pas en tongs si tu vois ce que je veux dire.Du coup j’avais tellement peur de me faire démasquer et recaler à l’entrée – telle une adolescente boutonneuse devant une boîte branchée – j’ai bossé ma tenue comme une malade.

Résultat : on aurait dit Julia Roberts qui se fait emmener au resto par Richard Gere.

Je me dandinais dans les ruelles sinueuses, avec l’impression que tous les étudiants de la Sorbonne me reluquaient derrière leurs cocktails au lait de coco. J’ai tout fait pour garder un air pénétré, limite mystérieux, rapport au fait qu’il vaut mieux être prise pour une énigmatique people que pour Régine jeune.

Le trajet a été périlleux jusqu’au fleuve (le Chao Phraya) puis plus du tout, dès lors que nous sommes montés à bord de la navette fluviale qui relie les 2 rives, et t’emmène en douceur au restaurant.

Restaurant de l Oriental
Arrivée au restaurant par le fleuve

Arrivés là-bas, on a été accueillis avec les égards qui nous sont dus, et menés à LA table en bordure du Chao Phraya.

Quand le serveur nous a dit « prenez votre temps pour faire votre choix », j’ai senti qu’on allait y passer un moment.

Bon, c’était notre dîner des vacances, on n’a pas lésiné. 6 plats chacun, en goûtant aussi  ceux de l’autre.

Un vrai régal. Une symphonie des saveurs. Un feu d’artifice culinaire.

On a traîné, profité, étiré cette soirée autant que possible.

Du reste je crois qu’on est arrivés parmi les premiers et partis les derniers.

Et que les serveurs, qui avaient envie d’aller se coucher les pauvres, nous ont regardés partir avec un certain soulagement.

Les cocktails, que nous avions aussi pris soin de goûter (faut pas rêver, on allait pas se faire le dîner au lait de coco) ayant fait leur oeuvre: on est rentrés un peu ivres, la brise de fin de soirée caressant doucement notre visage bronzé (…).

De retour dans notre chambre de minimoys en fin de droits, j’ai savouré le contraste.

M’est d’avis que c’est pas le dernier des vacances…

Enfin, toujours est-il que nous nous apprêtons à embarquer – à embusser même – pour l’île de Koh Phangan, où nous nous poserons quelques jours.

A plus dans le bus (l’expression prend ici toute sa valeur)

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