Maman travaille

L’autre jour au parc, une maman me raconte qu’aux dernières vacances d’été, sa fille a passé 3 semaines à réclamer qu’on lui tienne les bras pour marcher et qu’elle, la mère, a fini le dos en miettes et mega impatiente de reprendre le boulot.

Moi je souris parce que je suis polie, et que techniquement je comprends le concept de l' »impatience de reprendre le boulot », mais en vrai, je ne l’ai jamais ressentie, cette impatience.

Pourtant j’adore mon boulot. Je t’en parlerai plus tard, il est dingo.

Mais je n’ai jamais ressenti de soulagement à laisser mon fils. A qui que ce soit. Pas à la nounou, pas à ma mère, à personne.

Je le fais, attention, je ne suis pas une psychopathe, mais je ne le fais pas avec soulagement.

Parfois même, il m’arrive de laisser échapper quelques larmes quand je dois le laisser 24 heures (pas plus tard qu’avant-hier).

Tu peux te moquer Jeannine, mais c’est moche de se moquer, donc réfléchis bien.

Au début je pensais que c’était dû au fait que je n’étais pas habituée, et qu’il était tout petit. Et puis non. Je ne me suis toujours pas habituée.

Alors qu’il a 18 ans. Non je déconne, il a 15 mois.

Mais quand même, je sais que c’est un peu bizarre.

Et le pire c’est que j’adore aller travailler.

J’adore mon boulot, les gens avec qui je le fais (oui, je sais qu’on appelle ça des « collègues », mais très honnêtement je n’aime pas ce mot. Je n’aime pas « collègues », et je n’aime pas « gamelle » non plus, dans le champ lexical du bureau. Les gens qui disent « gamelle » au lieu de dire « lunch box », ça devrait être interdit. Et enfin, et après on a fait le tour, je pourrais assassiner de sang froid ceux qui répondent « comme un lundi » à « comment ça va? »), donc j’adore aller au boulot, c’est pas le problème.

Non, le problème, c’est que dans nos sociétés monotâchistes, et bien il faut choisir: soit tu travailles soit tu gardes ton enfant.

Et moi, je veux faire les 2. Je veux pouvoir continuer à travailler, développer ma carrière, mes neurones, mon salaire, tout en m’occupant de mon fils à plein temps.

J’aimerais être double, voilà, c’est ça.

Je sais que ça n’est pas possible Jeannine, je ne suis pas née de la dernière pluie. Mais vois-tu, j’ai toujours entendu les femmes se ranger dans un camp et assumer pleinement leur choix: celui du travail ou celui du foyer.

Certaines s’épanouissent dans leur job et retrouvent avec bonheur leurs enfants le soir venu.

D’autres ont arrêté de bosser pour s’occuper de leur enfant et ne regrettent pas leur « comme un lundi » hebdomadaire.

Moi je voudrais travailler tous les jours avec énergie et passion, et mon mouflet en bandoulière.

Ca me bloque le dos que mon fils passe le plus clair de son temps avec une inconnue. Attention, pas de méprise, elle est démente (sinon je ne lui laisserais pas mon fils, tu penses). Elle s’en occupe bien, le câline, tout ça. Mais franchement ça me raidit les cheveux (et honnêtement les cheveux raides, ça ne me va pas du tout) que ce soit une inconnue qui éduque mon fils. Ca me jaunit les ongles qu’elle puisse voir avant moi qu’il sait taper dans un ballon, qu’il a dit « papy » ou qu’il a une nouvelle dent qui arrive.

Je veux m’occuper de lui tous les jours, je veux l’éduquer, et je veux en profiter parce que ça passe vite et que ce sera bientôt fini. Qu’après il ira à l’école, et que je n’aurai plus le choix.

Mais je veux aussi continuer à m’éclater avec mon travail et gagner de l’argent pour offrir des trucs déments à ceux que j’aime.

Et c’est chaud.

C’est tout.

T’as cru que j’allais finir avec une solution?!

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