Bonne fête à moi-même

femme qui profite de la vie

Ce matin j’ai fait une grasse matinée. Lorsque j’ai émergé de mon sommeil réparateur, j’ai entendu les oiseaux gazouiller joyeusement et senti quelques rayons de soleil me caresser le visage, que j’avais détendu (et pas zébré de l’oreiller et ridé de la vieillesse).

Je me suis levée: mon enfant dormait encore (il fait souvent des grasses matinées) alors j’ai pris le temps de me faire un copieux petit-déjeuner comme dans les magazines avec des trucs aux noms chelous qu’on paie l’équivalent d’une livre de caviar genre graines de chia et protéines de cacao. Je fais très attention à ma santé.

Je me suis fait couler un café, sans crainte que ça ne réveille l’enfant car notre appartement est grand. Le temps s’étirait lentement et je sirotais mon breuvage fumant en feuilletant distraitement mon ELLE.

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Je suis une artiste

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue.

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrer que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs

Avant ce récit il y a eu ça.


On a pris le bus et on est arrivés à bon port.

A 3h du matin.

Au port, bon ou pas, à 3h du matin, y a pas de bateaux qui partent.

Donc on a attendu que ce soit l’heure que les bateaux partent.

Chacun a tué le temps à sa façon. Quelques-uns ont bu des bières, Jim a bouquiné, moi j’ai dormi sur un banc avec les moustiques.

« Dormi » étant peut-être un peu exagéré si l’on considère le temps que j’ai passé à remettre en place mon gilet, pour qu’il recouvre le bas de mon dos et que le haut isole ma nuque. J’ai dû le faire une petite centaine de fois, ce qui, au vu de mes piqûres de moustiques, s’est révélé parfaitement inutile.

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La dame du métro

Madame je ne vous connais pas.

Vous conduisez certains trains de la ligne 13 du métro parisien, autour de 8 heures le matin.

La ligne 13, pour ceux qui ne connaissent pas,  c’est un peu l’image qu’on se fait de l’enfer. La chaleur, la promiscuité, l’odeur rance. Les pannes, les retards, et les gens énervés.

C’est une punition.

Je ne dirais même pas qu’on ne devrait pas payer pour la prendre: on devrait être dédommagés.

Bref, Madame, quand il m’arrive de tomber sur un train que vous conduisez, sachez que je remercie le hasard.

Parce que vous illuminez mon trajet.

Je ne sais pas quelle tête vous avez, Madame. Je ne saurais pas vous donner un âge.

Je ne sais pas si vous êtes aussi chouette dans la vie que dans le métro mais je voudrais vous dire que votre gentillesse, votre bienveillance, votre enthousiasme certains matins sont des gouttes d’eau fraîche (et qui sent bon) dans la torture de cette ligne pourrie.

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