L’Everest en tongs

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue.

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrer que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs

Avant ce récit il y a eu ça et ça.


Hier on a fait une sortie au Parc National d’An Thong. En tongs.

Ils sont rigolos ces thaïs parce qu’on a fait l’équivalent de l’Everest… en tongs donc, mais pour savoir qui était capable de le faire avant de partir, ils nous ont simplement demandé si on avait le vertige.

Non mon ami, je n’ai pas le vertige: quand je monte en ascenseur en haut de l’Arc de Triomphe par exemple, ça va. En revanche, escalader à mains nues une montagne de rochers escarpés et acérés comme des lames de couteaux japonais – que si tu fais un mouvement de travers, tu décroches et tu meurs – je considère que c’est pas pareil tu vois ???

Quand je repense à cette ascension, Doux Jésus, j’en ai les genoux qui se rencontrent…

Et d’ailleurs comment se fait-ce que je n’aie pas renoncé à mi-parcours?

Qu’est-ce qui explique que malgré la peur, la difficulté, les mains qui suent et les jambes qui tremblent, j’ai continué à grimper?

C’est comme s’il y avait une envie de rentabiliser les efforts. Implicitement il n’est pas envisageable d’avoir déployé tant de courage pour s’arrêter si près du but, aussi compliqué à atteindre soit-il. Un peu comme quand je fais un gâteau: si à la fin de la recette je m’aperçois que ma levure est périmée, tant pis je la mets quand même. J’ai pas fait tout ça pour rien. Avec un peu de bol, ça passera.

C’est un peu ce que j’ai pensé dans la montagne: avec un peu de bol, ça passera.

C’est complètement con quand j’y repense.

Enfin c’est passé, tu me diras.

Je te raconte pas la fierté en arrivant en haut. Bon, tu n’en profites pas énorme, rapport aux autres grimpeurs qui sont sur tes talons et qui attendent leur tour pour prendre les 150 photos qui témoigneront de leur courage de guerrier. Alors tu bouges fissa parce que c’est pas comme si on avait la place d’être à 40 là-haut. Evidemment quand on se croise, on se regarde entre athlètes:

« Toi aussi t’es allé jusqu’en haut..

Yep mon gars! Je suis pas du genre à lâcher, t’inquiète. »

Clin d’oeil, complicité, fierté.

L’année prochaine je tente l’ascension du Machu Pichu en Louboutin.

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