Lasciate mi cantare

Ca va Jeannine? Je t’explique: je suis en Sardaigne. J’ai bien l’intention de te raconter, t’inquiète, mais en attendant je m’en vais te conter nos aventures de l’année dernière où c’est que j’avais pas de blog mais je te parlais déjà 😊 A bien vite ma Jeannine

 

Bien arrivés!!!
Voyage presque parfait. Évidemment tout ne s’est pas passé comme prévu, et c’est à ces quelques dysfonctionnements que j’ai compris qu’on était en vacances.
Moi tant que je ne me pète pas le genou, rien n’est grave.

A peine ai-je failli vomir sur mon fils.
Bon, peut-être que ça aurait occasionné un petit rictus de contrariété de sa part. Ou de celle de Jim, qui était collé à moi à l’arrière de la voiture. Ou de la part du chauffeur de la voiture, le propriétaire de la maison qu’on a louée et qui était venu nous chercher.

Le mec nous dit par mail qu’il faut absolument prendre un siège auto parce qu’il y a beaucoup de contrôles en Sardaigne et que l’amende est chère.
Bon j’ai envie de te dire que le rapport emmerdement « se trimballer un siège auto » versus « payer une petite amende » penchait nettement en faveur de la petite amende, mais enfin on ne se connaissait pas, je n’ai pas osé le contredire ni lui imposer mon point de vue comme quoi qu’on emmerde la police.
Donc j’ai dit ok Andrea, we will take the car seat (j’ai oublié mon italien).

Donc on arrive à l’aéroport d’Olbia. On est en train d’attendre les bagages, on est sur place mais en vrai on se tortille de plaisir que le vol se soit passé comme sur des roulettes, Haricot super à l’aise, à regarder partout, tout en distribuant des sourires façon politicien en campagne, jusqu’à draguer la voisine de siège, bref on est fiers comme des paons.

Donc on se gargarise sur place, en regardant de biais et avec un petit sourire narquois Esther, 4 ans, qui hurle sa race depuis qu’on a décollé, que la mère et la grand-mère sont à deux doigts d’abandonner à l’assistance publique, quand oh mazette, je m’aperçois qu’en cas de problème, je n’ai pas le numéro de téléphone d’Andrea. Ni son nom de famille quand j’y pense.

Je sais qu’il y aura des draps et des serviettes dans la maison, un frigo et des plaques dans la cuisine, qu’il y a une supérette à moins d’une minute à pied. Je sais qu’il a un short bleu dans son placard (il le portait pour la photo Airbnb) et un léger problème de calvitie. Mais s’il faut l’appeler, je suis foutue.

Je garde mon sourire de winner – rapport à Esther – face à Jim qui ne sait rien et va encore me regarder, désolé, s’il l’apprend. Et je prie en silence.

Bien évidemment le pire arrive. Andrea n’est pas là, je prends l’air étonné, je m’insurge, je commence un petit peu à l’insulter, bon puis finalement il est là.

On arrive à la voiture: il a un siège auto le sagoin. Je reste interdite:
« ???
–  Je me le suis fait prêter ».
Oh my god, comment va-t-on faire rentrer notre siège auto, la poussette, 3 valises, 2 sacs, 3 adultes et 1 bébé dans sa Fiat Punto?

Quelques contorsions plus tard, nous voilà partis, Joshua dans son siege auto, moi à côté, à moitié assise sur Jean-Michel à l’arrière. Et tout le reste entre le coffre, l’avant de la voiture et nos genoux.
99 km, me dis-je, une petite heure, détends-toi, c’est vite passé.

C’est vite passé…sur autoroute.
Mais pas dans les montagnes. Dans les montagnes, 99 bornes de virages, ca ne passe pas vite.
J’ai pensé que ce jour-là plus que jamais, il me fallait garder ma dignité. Pas question de vomir sur mon fils de 6 mois, trop de la loose.
Si bien que lorsqu’il a fallu se pencher sur lui et lui chanter des chansons pour le calmer (évidemment il avait faim, on était partis depuis 200 ans), j’ai cru que ma dernière heure était arrivée.
Andrea a dit « vous voulez qu’on s’arrête? », j’ai dit « lasciate mi cantare ».

8 jours plus tard nous sommes arrivés à destination. Je n’ai même pas pensé à m’extasier tant j’étais encore dans ma concentration.

Pourtant c’est beau.
C’est un village de carte postale avec des maisons roses et jaunes, des italiens qui parlent fort et peu de touristes.
On profite du soleil, de la terrasse surplombée de vignes, des glaciers et de la gentillesse immense des habitants de Castelsardo qui s’extasient sur Haricot « ma che bello bambino ».

On se détend doucement et on laisse progressivement le stress de l’année s’envoler avec les grains de sable soulevés par le vent…;)

 

 

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