La bouée

(Bon c’était il y a 1 an. Tu n’es pas sans savoir que depuis, j’ai retrouvé un corps de rêve. Comme quoi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir).

Le plan plage avec un bébé, c’est trop de la balle. Le voir découvrir la mer, et se familiariser au fil des jours, c’est magique.
Au départ pour le baigner, on l’enduisait de crème solaire indice 50, puis on lui enfilait un tee-shirt manches langues anti-UV, et une casquette avec des bords qui retombent. C’est tout juste si on prenait pas le parasol avec nous dans l’eau. Bon maintenant tout ça a évidemment disparu: c’est à poil et puis basta.
Il est fils de rousse certes, mais aussi fils de noir. On mise davantage sur ce 2eme versant donc.

On avait acheté une bouée spéciale Haricot (une sorte de boudin muni d’une assise dans lequel il peut tenir tout seul) mais finalement il est mieux dans nos bras.
Du reste moi aussi j’ai une bouée. Sauf que moi elle est intégrée à mon corps. Comme une sorte d’airbag gonflé en permanence.

Très pratique je pense en cas de choc en voiture. Bon, mais comme on fait tout à pied.

Je ne sais pas trop ce que je vais en faire, puisque par ailleurs, je sais déjà nager, je n’en ai pas véritablement l’utilité.

Ca fait quelques mois – depuis l’accouchement – que j’ai découvert, au niveau du ventre, ce nouvel attribut de mon corps (à ce stade c’est carrément une nouvelle partie de mon anatomie, je suis même à deux doigts de lui donner un nom).

Au début je me suis dit « tout doux Bijou, tu viens juste de donner la vie à ce petit bout d’homme, c’est normal, il faut que les choses se remettent en place. Sois patiente et tu retrouveras ton corps ».
Ben j’attends toujours.

Le bon côté de l’histoire, c’est que je m’aperçois que j’étais sacrement gaulée avant. Bon, donc rétrospectivement, je me kiffe. Mais au jour d’aujourd’hui comme ils disent à Argelès-sur-Mer, je ne me kiffe pas.

Évidemment ca fait 2 mois que tous les matins, j’ai envie de commencer un programme de remise en forme. J’ai même téléchargé une appli – Seven – qui propose 7 mn d’exercices par jour et qui t’envoie un rappel, au cas où tu aurais oublié.
Je me disais qu’il fallait absolument prendre les choses en main parce qu’une fois dénudée sur la plage, et assise sur sa serviette, qu’est-ce qu’on fait de la bouée qui dépasse? Où la met-on?
Plus j’y pense, plus je kiffe la Moi d’avant.

Mais là j’avoue que je suis à deux doigts de la couper au cutter, la bouée.

En plus cette conne, elle m’empêche de m’habiller comme je veux. Et Dieu sait que j’aime m’habiller. Voilà pas qu’en plus des considérations habituelles de couleurs, matières, rapport à la météo, et cohérence de l’assemblage du tout, faut-il encore que je me préoccupe de vérifier que la bouée n’est pas visible de l’extérieur.

Et bien ça me gave à un point indescriptible. Parce qu’avec la meilleure volonté du monde, ca fait une équation à trop d’inconnus.
Ça rend l’affaire indémerdable comme disait ma grand-mère (c’est faux, ma grand-mère n’aurait jamais employé un tel vocabulaire mais je me suis embarquée dans un ton, non? Je trouvais que ça faisait bien, « indémerdable », ça va bien dans l’histoire je trouve).

Toujours est-il que c’est la chienlit (l’aurait toujours pas dit comme ça, mais pareil, dans le contexte, j’aime bien).
Y a trop de critères à prendre en compte pour que le résultat tienne la route. Résultat : c’est la catastrophe de la mode, le naufrage du style, le wall of shame de l’élégance.
Je me désempare moi-même.

Inutile de dire que ça fait 6 mois que je serre les fesses (façon de parler, ma bouée m’en empêche évidemment) pour ne croiser personne que je connais à Paris, surtout issu de mon passé de fashionista, Dieu m’en préserve.
Des années passées à construire une allure avec méthode voire méticulosité, réflexion, patience. Des heures devant le miroir à valider des looks. Des samedis qu’on ne compte plus à arpenter les H&M, Zara et consorts. Et un agencement de placard qui ferait pâlir d’envie Anna Wintour (je m’emballe)…

Sans compter les milliers, que dis-je les milliers, les millions d’abdos arrachés à la vie avec tant de difficultés et si peu de dignité. Tout ça est réduit à néant par une p…. de bouée.

On est peu de choses, c’est moi qui te le dis…

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