La dignité dans la loose

Eglise dans la vieille ville

On a roulé dans la carcasse, barboté dans la flotte et salué tous les italiens présents sur la plage parce que l’enfant avait appris à dire « ciao » et qu’il adore faire son politicien en campagne, puis il a été l’heure de rentrer.

Sur le chemin du retour, tout le monde était un peu ramolli, l’enfant avait faim de son goûter (j’avais dit: « On va pas le faire goûter dans la voiture, ça va tout pourrir les sièges. On attend d’être rentrés à la maison »). Il en avait marre, il chouinait façon porte qui grince. Moi j’avais le visage trop salé et les cheveux emmêlés. Jim avait du sable jusqu’au plus profond de son être.

Alors on a essayé d’être rapides et efficaces, on s’est engagés dans les petites rues de la grande ville, en tournant au gré des flèches qui te demandent de tourner. Et puis d’un coup, va comprendre, on s’est retrouvés dans la vieille ville.

Celle qui est piétonne.

Ca a duré une heure.

Sous le soleil encore brûlant, avec la faim, le sel, le sable et la chouinerie. On s’est perdus dans la vieille ville piétonne avec la Panda de 1932. Déjà quand tu te perds entre adultes c’est moche, mais quand il y a un enfant de 18 mois à l’arrière, c’est limite vivable honnêtement.

On a tourné et re-tourné pendant 60 longues minutes dans ces ruelles étroites et pavées, qui, d’ordinaire, sont sans doutes magnifiques, mais là on n’était pas d’ordinaire et la Fiat Panda de 1932 manquait de se faire un coin de rue, un passant ou un vélo à chaque minute. On roulait à deux à l’heure, à la fois pour éviter les uns et les autres, et aussi parce qu’on ne savait pas où aller.

On a emprunté toutes les ruelles (« Non, on est déjà passé par là »), croisé 150 passants désolés de nous voir repasser toutes les 10 minutes, on a vu 9 fois la jolie petite église, mais on n’a pas réussi à trouver la sortie du labyrinthe.

Je pensais « heureusement qu’on fait plus Pekin Express parce qu’on aurait fini derniers »

Les gouttes de sueur qui perlaient sur mon visage descendaient lentement le long de ma nuque, les miettes de gâteaux de l’enfant (qu’on avait vite renoncé à faire patienter, faut limiter les challenges) se dispersaient allègrement sur la banquette arrière et le portable n’affichait toujours pas Google maps. J’ai bien cru qu’on n’en sortirait pas vivants..

Au début on prenait notre mal en patience (notamment derrière le camion poubelle) et on continuait à chanter des chansons au Haricot pour maintenir un semblant d’ambiance. Mais au bout d’un moment, on ne chantait plus du tout et si on n’avait pas été hyper civilisés, on aurait planté la Panda au beau milieu d’une ruelle et on aurait fini à pied  tellement qu’on était au bout du rouleau.

On a fini, je ne sais comment (je ne regardais plus la route ni mon téléphone, j’avais les yeux fermés et je priais le Dieu du radio-guidage pour qu’on s’en sorte indemnes) par trouver la sortie. On est arrivés au milieu du port, dans un endroit qui, visiblement, n’était pas destiné aux véhicules motorisés, mais au bout, il y avait la grande avenue.

Les gens nous ont regardés comme si on était tout verts avec des gros pois blancs.

Jim m’a dit: « Putain je crois qu’on n’est pas censés rouler là ». J’ai dit: « Je m’en fous, le premier qui me dit quelque-chose, je lui écrabouille les parties avec la Fiat Panda ».

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