Ma belle-famille

papi mémé tonton tata

Quand ma belle-mère nous a ouvert la porte dimanche dernier, elle a accueilli son fils et son petit-fils à bras ouverts. Moi j’ai cru que j’allais me faire recaler à l’entrée. Elle m’a regardée de haut en bas façon videur de boîte. Je suis restée debout comme une dinde, ça a duré mille ans et puis elle s’est effacée pour me laisser passer.

On s’est installés pour l’apéritif : tout le monde était déjà là. Gros silence et regards des profs sur le groupe de cancres qui arrive en retard. Super Nanny-la belle-sœur aigrie nous a proposé à boire : jus de mangue ou coca ? J’ai pensé: « Elle a confondu avec le goûter des petits ». Non non: il n’y avait juste pas d’alcool pour l’apéro (pourquoi elle appelle ça un apéro du coup? Mystère). Heureusement il y avait du Bordeaux à table : j’ai bu comme un trou. Non je plaisante.

Belle-maman a apporté le plat (Pas d’entrée. Pourquoi ? Quelqu’un a faim ?!) : rôti de porc-chou fleur. Comme à la cantine. Je me suis resservi un verre.

On a mangé, en silence. Y compris les mômes, le mien et ses cousins. Pas un bruit, pas un geste, on aurait dit des enfants en plastique. Quand je pense qu’à la maison, c’est Bagdad en dix minutes…J’étais en train de me demander lequel d’entre eux allait imploser en premier quand ma belle-mère a brisé l’omerta en nous racontant sa « mésaventure » de la semaine. Bon j’ai pas tout bien écouté – à ce stade j’étais déjà bourrée – mais en gros elle était pas contente de son roti de porc et elle l’avait dit à son boucher. Un truc vraiment passionnant. Gérard, mon beau-père, a embrayé avec un laïus interminable sur le prix du porc, comme quoi c’est vraiment un scandale. Mon beau-frère était « tout-à-fait d’accord Gérard » et hochait la tête comme les chats des restaurants chinois.

Les enfants, au bout du rouleau, ont demandé à se lever de table après le fromage. C’est Super Nanny qui a répondu « Vous pouvez y aller » comme si j’étais sur un autre continent, et elle a ajouté : « On passe aux petits coins avant d’aller jouer ». Le mien m’a regardée avec un air de détresse. J’ai fait comme si de rien n’était, avec un grand sourire.

Au moment du dessert, alors que la conversation déchaînait les passions – les impôts : on se mensualise ou pas ? – mon beau-père s’est tourné vers son fils et lui a posé la main sur l’épaule : « En parlant de questions, on peut savoir pourquoi tes chemises ne sont pas repassées ? ». En me regardant. L’uppercut m’est arrivé directement sur la joue gauche. J’en aurais recraché ma tarte aux pruneaux. Si si, après le chou-fleur, les pruneaux : la soirée s’annonce torride.

 

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15 réflexions sur “Ma belle-famille

  1. bonjour, j’ai hâte de connaitre la suite de la soirée
    j’adore vous lire !
    vous me rappelez des souvenirs identiques lorsque ma belle mère arrivait avec la boite de cônes glacées et qu’elle en proposait à toute la tablée sauf à moi …mon mari la rappelait et lui en demandait un pour moi
    au début ça fait bizarre et après c’était comme un jeu de voir jusqu’où elle allait être capable d’aller pour me montrer qu’elle ne m’aimait pas du tout – j’ai même été enfermée dans sa salle à manger et j’attendais que mon mari me cherche pour pouvoir en sortir
    j’ai fait l’effort de continuer à y aller pour nos enfants jusqu’au jour où elle a dépassé un point de non retour en faisant pleurer nos filles en notre absence !
    à vous de voir jusqu’où vous accepterez de fréquenter ces gens – la décision n’est pas simple à prendre mais il faut vous protéger s’ils sont tous « toxiques »! bon courage !

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