Echec de la rentrée 2/2

Enfant qui fait une moue dubitative

Résumé des épisodes précédents : au début c’était un rêve. Un début de vie idéal. Trois ans à pouponner, s’émerveiller de chaque instant partagé, remercier la vie pour ce qu’elle nous offre de bonheur. Et puis la bulle a éclaté et on s’est tous retrouvés dans la merde réalité, avec l’école maternelle dedans. Confrontés à d’autres humains, l’Enfant s’est métamorphosé : il a enlevé ses habits de petit chaton doré et il a revêtu ceux du chacal sauvage avec une rage de dents. En phase 1, il hurlait comme un animal que seuls les dessins animés peuvent réussir à rendre drôles. En phase 2, on l’a perdu.

La phase 2 s’est déclenchée sans prévenir. L’Enfant, après s’être égosillé comme un dément et sans doute lassé par mon manque total de réaction (la faute à la sidération) … s’est mis à geindre. Il ne criait plus, il ne parlait même plus : il chouinait toutes ses phrases d’un ton horriblement mièvre en minaudant comme une actrice aux César. Ca dégoulinait en un yaourt verbal incompréhensible, maniéré et doucereux, d’un tout petit filet de voix qui mourait avant la fin des répliques. On aurait dit qu’il avait avalé une licorne sous Tranxène. Il se tortillait, se dérobait à mes sollicitations et ne pouvait plus commencer une seule réponse sans soupirer « attends Maman », « j’arrive », ou « deux secondes « . Quand réponse il y avait.

Je te resitue le contexte Jeannine: on est jeudi, il est 18h32, le temps presse. Cette p… d’Ecole Maternelle a ravagé la chair de ma chair, lui a sucé toute son énergie, me l’a restitué fracassé : ma mission de mère est de le recharger pour le lendemain. Objectif du soir : le lit, vite.

« Viens mon amour, on fonce au bain. »

Pas de réponse.

« Mon amouuuuur. Tu m’entends? »

Toujours rien.

« Mon chéri, au bain!! »

Nouveau vent.

Je regarde autour de moi: on n’a pourtant pas déménagé dans un Manoir de neuf pièces. Mon fils est pour ainsi dire à un mètre, dans sa chambre, avec Sam le Pompier et la Pat Patrouille.

« Amour de ma vie, tu me réponds? Tu viens au bain? »

La vie est curieuse : plus la colère monte, plus mes cheveux se dressent sur ma tête et ma voix devient aiguë. Comme si toutes mes émotions négatives se concentraient sur mon cuir chevelu et mes cordes vocales pour éviter qu’il et elles ne dictent à mon cerveau épuisé un assassinat avec préméditation.

Désormais coiffée comme l’As de Pique, je glisse ma délicate silhouette dans l’entrebâillement de la porte :

« Mon amour ? »

« Attends mamaaaaaaaan ».

tweetleti

 

Yoga tête en bas. Grande inspiration. Je suis une mère aimante. Je suis calme et la violence n’est pas une solution. Mieux vaut finir mal coiffée qu’en prison.

La lutte a duré deux heures et quatre minutes. De 18h32 à 20h36. Deux heures d’âpres négociations –  arrêter de jouer pour se déshabiller, passer aux toilettes, prendre le bain, arrêter de jouer dans le bain pour se laver, sortir du bain, mettre le pyjama, arrêter de jouer pour venir dîner. Se coucher. Enfin.

Au cours de ces deux heures fatidiques où ma fragilité est mise à rude épreuve, et toujours dans le but d’éviter un homicide, je n’oublie jamais de respirer et en cas de crise imminente, j’occupe mes mains. Je lance une machine, je feuillette mon ELLE, j’appelle ma mère.

Et je lutte. Sans relâche. Je lutte pour maîtriser mes nerfs, accueillir les émotions avec bienveillance, trouver des solutions originales et ludiques, détourner la colère, et autres conneries d’éducation positive. Je lutte ne serait-ce que pour approcher le comportement exemplaire de la maman calme (ForeverForesti). Malheureusement mon self-control ayant la taille de la lunule de mon petit doigt, la seule fierté à ce stade de mon apprentissage est de n’avoir encore jamais hurlé sur mon fils : « mais putain de bordel de chiottes, tu vas venir, oui ??!!!!! ».

Je suis déboussolée Jeannine. Déboussolée face à ce petit être que j’ai livré flambant neuf et que cette p… d’Ecole m’a rendu tout bousillé.

Et je pense à toutes les mères du monde, mes soeurs de coeur, qui traversent comme moi ce moment intense.

Mes soeurs, nous sommes fortes. L’Ecole Maternelle n’aura pas notre peau.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s