Comme un lundi

FIlle dans la boue avec un regard de tueuse

Les gens qui disent « Comme un lundi », vous me pourrissez la vie.

Ca veut dire quoi « comme un lundi » ? Ca sous-entend quoi ?

Moi je me raboule au boulot le lundi dans toute mon ingénuité, avec quasi les couettes qui flottent au vent. J’ai passé un bon week-end (ou pas d’ailleurs) et je m’engage dans la semaine 18 avec envie. Je ne sais pas ce qui m’attend mais qu’importe je suis déjà gourmande de cette semaine 18! Peut-être qu’il va m’arriver des choses incroyables, qui sait? Je ne sais pas moi: que mon fils va se mettre à obéir, que je vais rencontrer Alain Chabat et qu’il va me supplier de participer à son prochain film (je t’annonce: j’accepte) ou que je vais réussir à me coucher tôt (les allégations n’ont pas de rapport entre elles. Meaning: @Alain, si tu me proposes un job, je me coucherai à l’heure que tu décideras).

Bref je suis pleine d’espoir vis-à-vis de cette semaine 18.

Une nouvelle semaine ma Jeannine, c’est une nouvelle promesse. Et le week-end, c’est un peu mon Réveillon hebdomadaire. Je fais toujours un petit bilan – malgré moi, vers l’heure de Zone Interdite – et je m’aperçois que :

  • j’ai encore oublié de manger des fruits;
  • j’ai toujours pas commencé ce livre sur la psychanalyse qui a l’air franchement passionnant et qui me servirait davantage que la lecture hebdomadaire de Voici (sur Voici je suis à jour par contre);
  • c’est toujours Bagdad dans le placard de l’entrée;
  • encore oublié d’essayer ce masque anti-poches des yeux que j’ai acheté en septembre dernier;
  • pas eu le temps de commencer à regarder où partir cet été (c’est que le début; je vais me faire cette réflexion à chaque prochain Zone Interdite pendant encore 3 mois);
  • pas trié mes magazines: la pile a encore augmenté et le premier habitant de l’appart qui rate le virage de la table basse fait potentiellement tomber la pile, glisse sur ses éléments déchus, se fracasse la tête contre la table basse aux angles acérés, et meurt. Potentiellement.

Je m’étais aussi promis de trier mes affaires d’hiver pour les remiser, d’appeler Bidule et Machin pour prendre de leurs nouvelles, de booker un rendez-vous pour faire réviser la voiture, de laver la voiture, de nettoyer les rideaux, l’intérieur des tiroirs de la cuisine et les plinthes.

Mais qui fait vraiment ça ?!

Donc j’ai le Zone Interdite coupable (encore davantage si je me suis affalée devant l’émission avec du chocolat dans la bouche) et je me dis: bon allez, demain, c’est une nouvelle semaine, ce sera différent.

Je sens la nouvelle semaine porteuse de tous les possibles. Surtout en ce moment. Plus on avance, plus il fait beau. Et moi, je suis plus efficace au soleil. Alors je me présente au lundi, auréolée de bonne volonté et après tout, qui me dit que j’ai tort d’y croire ?

Donc je me pointe au boulot, salutation au soleil aux collègues, « Comment ça va? », et paf: « Comme un lundi ».

Dans ta face.

Le coup de massue. La claque. La pitchenette que tu n’as pas vu venir. Celle qui signe l’arrêt immédiat de toutes tes envies, et qui transforme tes illusions de demain en culpabilité d’hier. Ton verre plein en verre vide.

Elle sous-entend que le lundi, ce n’est plus le week-end et que dès lors, ça ne peut pas être un bon jour. Que le week-end ne peut être que regrettable et le lundi vomissable. Qu’on ne peut pas recommencer à travailler en étant heureux parce que le travail c’est nécessairement une corvée. Que la liberté s’achève avec le dimanche et qu’il faut attendre à nouveau cinq longs jours avant la quille.

Fais le calcul: sur 5 jours de travail / 2 jours de week-end (moins CP, RTT et jours fériés>>> me challenge pas, je suis allée sur un site d’experts-comptables pour vérifier), ça fait environ 200 jours sur 365 à trouver que la vie c’est pourri.

Je te laisse là-dessus.

Et je te souhaite un bon lundi, obviously 🙂

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11 réflexions sur “Comme un lundi

  1. Tellement tellement tellement PAS d’accord !
    Moi au contraire, j’aime bien dire « comme un lundi ». Cette expression est tellement typique des français : râleurs, pleins de mauvaise foi mais souvent avec une légère pointe d’humour malgré tout. Si on reproche aux français de se comporter en français maintenant… 😀

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    1. C’est vrai que vu sous cet angle… On m’a aussi dit que ça pouvait sous-entendre « ça va, mais je démarre soft parce que c’est le début de la semaine ». Mieux dit comme ça non ? 😉

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