Fêtons ça avec des chèvres

deux chèvres souriantes

J’ai bientôt 41 ans Jeannine. C’est fou non? C’est fou mais on s’en fout, parce que ce n’est pas ça la nouvelle. La nouvelle de la semaine, que dis-je, de l’année, c’est que mes meilleures amies m’offrent un trek avec des chèvres pour fêter ça.

Tu as bien lu.

Un trek avec des chèvres.

A moi qui ne sais pas ce qu’est un trek, ni même ce qu’est une chèvre.

Moi qui n’ai pas, et n’ai jamais eu, de « chaussures de rando ». Et pour cause: mes pieds ne le supporteraient pas. Si je leur mets ce type de pompes, je pense qu’ils font un AVC. Pas de pantalon multi-poches non plus ou de quelconque équipement dédié à la marche dans la nature (le premier qui prononce le mot « banane » est radié à vie).

J’ai un sac Chanel, mais ça, visiblement, tout le monde s’en fout.

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« Ca va le faire »

Petite fille qui tire la langue

C’est parti d’une envie. Ca part toujours d’une envie. Ce jour-là c’était pour des plantes.

J’avais choisi tout ce que je voulais, en prenant en considération la couleur et la taille (je cherchais des plantes hautes) mais aussi l’harmonie générale du balcon et l’exposition. J’étais assez concentrée parce que ce ne sont pas des choix que l’on effectue à la légère – j’accorde à mes plantes une importance significative. Je les chéris, je les soigne, je les bichonne: les voir s’épanouir me transporte. J’en étais là dans mes pensées lorsque mon tour est arrivé de payer – j’avais fait la queue cinq bonnes minutes. A la caisse, j’ai montré aux deux messieurs les cinq plantes que j’avais sélectionnées et que j’avais patiemment poussées sur les quelques mètres de queue. Les deux messieurs se sont regardés puis ont regardé autour d’eux. Ils semblaient chercher quelque-chose; moi j’avais hâte de payer et de ramener tout mon petit monde à la maison. Ils m’ont dit: « Vous êtes seule?! » en continuant à scruter les alentours. J’ai répondu par l’affirmative, non sans les rassurer d’un sourire appuyé. Ils avaient l’air inquiet. Ils ont continué: « Vous allez porter les cinq plantes toute seule ?! ». Deuxième sourire, encore plus appuyé. « Vous n’êtes pas garée loin ? » Si, j’étais garée à huit cent mètres. Troisième et dernier sourire, additionné d’un petit clin d’oeil, ambiance « Détendez-vous les gars, j’en ai vu d’autres ».

J’ai repris ma carte bleue, et j’ai soulevé les quatre sacs dans lesquels ils avaient rassemblé les plantes. « Mince, j’ai pensé, les sacs sont en plastique et les anses trop courtes, je ne peux pas les positionner sur mes épaules. Qu’à cela ne tienne, je vais les porter dans le pli du coude et à bout de bras ». Tandis que je terminais mon attelage, les vendeurs continuaient à m’observer, sans avoir réussi à se départir de leur scepticisme. J’ai tourné les talons avec dignité, un sac dans chaque pli du coude et un au bout de chaque bras, et je me suis engagée sur le chemin.

Huit cent mètres plus tard, en arrivant haletante et les bras tétanisés à hauteur de la voiture, après avoir croisé dix familles dont les enfants tiraient la manche de leurs parents ou me pointaient du doigt en disant « Regarde Papa, la dame elle va mourir », j’ai réalisé qu’en sus d’avoir perdu l’usage de mes bras, j’avais sous-estimé la place nécessaire au stockage des plantes dans le véhicule.

Ca ne rentrerait pas.

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