Confinée avec un nouveau-né

Ours en peluche et nouveau-né

 

Salut Jeannine, ça confine ?

Moi aussi, à mort. Je confine même depuis un mois et demi déjà. Oui j’ai adopté la tendance un peu avant vous tous, à la naissance de Cacahouète. Ca fait un mois et demi que je ne suis pas sortie de chez moi ou quasi. Donc tu vois, le confinement je maîtrise.

En vérité je ne confine pas, je confis. Comme un gigot de dix heures. Je cuis dans mon jus depuis un mois et demi.

C’est pour ça, je ris doucement quand je lis, j’entends ou je vois les témoignages de gens geignant à l’idée de rester confinés 45 jours. Les gars, c’est pas la mort!! Franchement ça se fait, pour peu que les conditions de logement soient décentes, ça se fait tranquille. Surtout si vous ne venez pas d’accoucher.

Parce que, soyons justes : rester enfermé chez soi avec un nouveau né, il est là le challenge !!

Vous n’y pensez pas quand vous lancez Netflix pour vous mater un sixième épisode d’affilée ? Ou quand vous vous sifflez une bouteille de rouge ? Ou quand vous décidez de vous faire une petite sieste si l’envie vous prend ? Parce que vous avez noté ? Vous décidez de ce que vous faites !!! Ça paraît normal n’est-ce pas ? Moi je ne décide plus. De rien.

C’est un être humain de 57 cm qui décide pour moi désormais. Wizz, n’est-ce pas?!

Quand je peux me doucher, quand je peux manger, quand (si) je peux aller me reposer. Par exemple, on est la journée, disons au hasard que j’ai dormi cinq heures la veille, fractionnées en trois fois, donc que je suis relativement épuisée. Au hasard. Soudain, miracle, l’enfant s’endort.

Dans ces cas là, peu importe l’heure, ou ce que je suis en train de faire — ranger, manger, parler à quelqu’un — j’arrête immédiatement et je me jette dans mon lit. J’ai une fenêtre, hors de question de la rater. Parfois malheureusement, la fenêtre tient plus du vasistas : l’enfant se réveille au bout de quelques minutes. J’appelle ce cas de figure « la torture chinoise ». Voilà en quoi ça consiste (ça rappellera de merveilleux souvenirs à plein de gens) : je plonge dans mon lit, qui n’est plus jamais fait (gain de temps), et, c’est fugace tant la fatigue est immense, mais je savoure le moment avec une délectation indescriptible de volupté. C’est le repos du guerrier. Un repos d’une intensité qui me transporte immédiatement : je peux m’endormir en huit secondes. Mais dix minutes plus tard, soit à mon stade, le temps de tomber dans un coma profond, l’enfant se réveille : finalement, il n’a pas envie de dormir.

Tu vois le concept ? Tu tombes en douceur dans les bras de Morphée et on vient te tirer par les cheveux dix minutes plus tard pour t’en sortir. On te balancerait un seau d’eau froide dans la tronche au fond d’une geôle birmane, ce serait moins violent.

Voilà ce qui m’est arrivé: je suis devenue l’esclave d’un tortionnaire. Involontaire, je ne dis pas, mais tortionnaire quand même. J’ai beau le regarder avec des yeux suppliants parce qu’il est six heures du matin, et qu’il s’est déjà réveillé à une heure, quatre heures puis cinq heures pour que je le nourrisse, il s’en bat la race. Il a encore faim. Peu importe que je n’aie pas dormi plus de deux heures d’affilée depuis l’invention de l’imprimerie. Faut que je me lève une quatrième fois pour le nourrir.

Dormir la nuit ? C’est un concept dont je me suis progressivement détachée. Moi ça y est: je me range du côté de ceux qui lisent un article sur Jaïr Bolsonaro à 4h12 du matin.

Tout ceci, disons-le, est en partie dû au fait que j’allaite l’enfant.

Allaiter c’est bien. Ca « permet à la mère et l’enfant une proximité précieuse, ça permet de se découvrir mutuellement, d’être en osmose dans une plénitude totale. »

Certes.

Ceci dit, à 4h12, tout est relatif. La plupart du temps, je suis tellement épuisée que je m’endors pendant que j’allaite, assise dans le lit. Résultat, un filet de bave coule immanquablement sur la joue du petit, ou lui arrive dans l’oeil. Ca le dérange, il se met à se tortiller, ça me réveille, je sursaute, ça l’énerve encore plus, ça me réveille encore plus, il se secoue dans tous les sens et c’est reparti pour un tour. Pas tout à fait ma définition de la plénitude totale.

J’ai bien essayé de rester éveillée en regardant des films en replay sur mon portable. Mais ça fait l’effet inverse: je me retrouve captivée et une heure plus tard, je me rends compte que l’enfant dort à poings fermés depuis un moment et que j’ai perdu d’inestimables minutes de sommeil.

Bref c’est très sympa comme rythme, je le conseille. Ça rend un peu aléatoire les temps de repas et de douche mais d’un autre côté ça permet de retrouver sa ligne très rapidement. Tout en sentant mauvais faute de s’être douchée mais on ne peut pas tout avoir. Ca peut probablement rendre aussi un peu hystérique mais enfin l’heure n’est pas à la dramatisation.

Bon, le tableau n’est pas complètement noir puisque grâce au pangolin, mon mec est en congé paternité improvisé. Effet papillon de dingue.

On reparlera, si j’ai dormi. D’ici là prends soin de toi.

8 réflexions sur “Confinée avec un nouveau-né

  1. Haha! Ma pauvre! Comme je compatis! Je connais rien de plus dur que ces premiers mois, jusqu’à ce qu’il fasse ses nuits… Pareil j’ai allaité mes 3 enfants, à partir du 2ème ils ont dormi avec moi, je dormais pas très bien avec un nourrisson ventousé au sein, mais au moins je dormais! Les bébés ont un détecteur d’absence de leur mère, ils flippent quand elle n’est pas là… Et se réveillent!
    Good night and good luck!

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  2. Pourquoi n’allaitez vous pas couchée dans votre lit? ça permet de dormir (certes en ayant mal au dos parfois mais hey… au moins vous dormez 😉 )

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  3. Oh la la on dirait moi avec mon aînée les premiers mois, c’est super dur de ne pas dormir !! Au bout d’un certain temps j’ai découvert l’allaitement couché (avec bébé qui reste dans mon lit bien sûr… mais je te promets que cette « habitude » passe ensuite) et là j’ai enfin pu récupéré un peu malgré tout le retard que j’avais. Pour le deuxième avec cette manière de faire adoptée d’emblée (et le corps qui s’habitue au sommeil fractionné ne nous leurrons pas) j’ai l’impression d’être 100 fois moins fatiguée physiquement alors que j’en ai deux à gérer ! Courage ils grandissent vite.

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    1. Merci Laurence, ça fait du bien de lire ce genre de commentaires😀 Ça me réconforte !!! Mot d’ordre: lâcher prise donc … jusqu’à pouvoir retrouver une vie, ou au moins un peu d’autonomie 😄😄

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