Rentrée des classes

petit garçon qui fait sa première rentrée des classes

Ca y est, j’ai fait ma pré-rentrée des classes!!! Pas vraiment pré-rentrée, disons réunion pour préparer celle de septembre. Et pas vraiment la mienne, plutôt celle de Haricot.
Mais j’étais en transe, et je le suis encore à l’heure où j’écris ces lignes (sachant que c’était il y a quatre jours, je te laisse imaginer l’état de mon corps). Donc Haricot rentre en maternelle en septembre. Je te dirais bien que ça nous a fait un choc mais ce serait mentir, rapport au fait qu’on attend (tous) ce moment depuis deux cents ans environ. C’est simple, depuis qu’il sait parler, il demande quand il ira à l’école (je fonde d’immenses espoirs en cet enfant. Ca sent l’ENA à plein nez). L’école est en bas de la maison, je crois que l’enfant a déjà repéré son porte-manteau puisqu’on passe devant la fenêtre qui laisse voir les porte-manteaux quatre fois par semaine. Le matin il guette ses congénères qui entrent dans l’école en laissant couler un filet de bave tellement il aimerait en être et je le soupçonne de s’être déjà présenté aux maîtresses et aux ATSEM derrière mon dos. Bon, il est impatient. Dieu, faites que la réalité soit à la hauteur du fantasme (rare …).

Continuer la lecture de Rentrée des classes

Publicités

Si je n’avais pas commencé la danse

Je suis tombée sur une vidéo éloquente et très instructive sur psychologue.net (suis pas du genre à mater des chatons qui se frottent, crois-le bien). En substance,  la vidéo décrit les bénéfices que tu ressens quand tu fais de la danse: que tu es moins stressée et de meilleure humeur, tout ça. Alors j’ai immédiatement partagé sur la page Facebook (si tu ne la suis pas, c’est le moment de réparer parce que je ne partage que des trucs éloquents et très instructifs) et j’allais passer à autre chose quand m’est venue une fulgurance (une de plus, je ne sais plus où les mettre): Doux Jésus mais à quoi ressemblerait ma vie si je n’avais pas commencé la danse ?!!!

Continuer la lecture de Si je n’avais pas commencé la danse

Abnégation parentale

Ce matin on était à la plage Jeannine. Il faisait un temps de toute beauté ; le soleil dardait ses rayons aveuglants sur nos serviettes ensablées et on était pas mal. On est en Martinique depuis 4 jours, faut dire ; ça aide à être pas mal. Depuis, on écume les plages de la région, comme d’autres les boîtes de nuit. Plage, resto, plage. Dans 3 jours on n’a plus une thune ni un bout de peau sans coups de soleil mais entre-temps on aura été pas mal. L’enfant s’acclimate au poil, et nous suit sans broncher dans nos différentes pérégrinations. Notre seul échec dans l’histoire, c’était la sieste. La sieste sur la plage, il voulait pas. On a chanté Ben Mazué, fait un câlin, des caresses, mis un paréo en couverture, grondé, dormi à côté. Rien à faire. Il voulait pas.
Sauf aujourd’hui.

Continuer la lecture de Abnégation parentale

Pôle Emploi en stilettos

Ce matin j’ai dû retourner à Pôle Emploi. J’y étais passée hier aux alentours de 11h, après avoir effectué quelques achats, rapport à notre proche départ en vacances très loin. Je m’étais pointée comme une fleur fraîche devant la dame du comptoir, elle m’avait dit: « Il fallait être là à l’ouverture il y 2 heures ». Mes maillots de bain tout neufs et moi, on est repartis.

Je me suis donc réveillée aujourd’hui avec la ferme intention de recommencer, et réussir, cette opération ô combien délicate. Je dirais « cette bonne grosse galère » même. J’ai  commencé à me raidir de stress dès le réveil. J’y pensais sous la douche (il faut y être à l’ouverture, il faut y être à l’ouverture) avec ce sentiment d’urgence que seuls ceux qui ont expérimenté une visite à Pôle emploi, la CAF ou les impôts connaissent. J’ai sauté dans ma voiture à 8h46, j’ai même baissé le son de France Info pour rester focus et, arrivée à destination,  j’ai prié tous les dieux du stationnement pour qu’une place se libère rapidement. C’est ce qui s’est produit (ça s’appelle « Faire une demande à l’Univers »).

Continuer la lecture de Pôle Emploi en stilettos

Tourner 7 fois sa langue

Le monsieur est assis en face de moi. Il est noir, les traits fins, plutôt jeune. Il est venu pour qu’on l’aide à remplir un dossier. Je m’en charge.

« Ah vous êtes aussi, vous êtes de 78? je lui dis pour briser un peu la solennité de l’ambiance. Comme moi. »
Il lève les yeux vers moi et m’observe, étonné.
« Ah oui? »
Je rigole et reconnais qu’il paraît plus jeune, lui.
« Mais on ne va pas le dire pour ne pas me vexer ok? je lui demande avec un clin d’oeil très appuyé. Vous les noirs, vous avez un capital jeunesse de départ. Vous êtes moins ridés que nous les blancs. C’est vrai non? Mon mec est comme ça. Pas une ride. C’est pas juste! »

Il sourit et approuve:

« Oui c’est vrai, j’ai une bonne peau. Et je mange pas à ma faim aussi, ça aide ».

Le réfugié afghan

Il a une vingtaine d’années. Brun, les cheveux longs, très beau malgré sa mine renfrognée. Il est afghan et dort à la rue depuis une semaine.

Vous êtes tout seul? je lui demande.

Yes.

Vous dormez comment?

I have a tent.

Et pour la santé? Ca va? Vous êtes en bonne santé?

Yes.

Vous avez quoi comme couverture médicale ? La CMU?

Il fronce les sourcils comme si je venais de lui parler espagnol. Je la retente.

La CMU?

Les sourcils n’ont pas bougé.

L’AME alors? Aide Médicale d’Etat?

Il se concentre et cherche une réponse. Puis il relève la tête :

I have Facebook.

:)))

 

 

Le mythe du dernier moment

L’été dernier, on a voulu tester le concept du « dernier moment ». L’idée c’était « Au diable les préparatifs des semaines à l’avance, on est jeunes, on est fous!!! ».

On est cons oui, surtout.

Tu sais ce que c’est le dernier moment en août?  Ca n’existe pas en fait; ça n’est pas possible. Enfin si c’est possible: mais uniquement pour la catégorie « WILD » de la population. Catégorie INSEE qui rassemble, âges et catégories socio-professionnelles variés, des gens qui peuvent vraiment se permettre l’improvisation. Des jeunes sans attaches, des audacieux sans craintes, des gens libres sans contraintes, et des riches. Breaking news: nous ne sommes RIEN de tout cela. Nous avons un enfant en bas-âge, des envies précises et un budget limité. Déjà, commencer à regarder 6 mois avant, c’est compliqué, mais 15 jours avant, autant te dire que tu as plus de chances de gagner les JO en triathlon.

Continuer la lecture de Le mythe du dernier moment

Quand il fait froid

J’ai l’habitude de ce métier mais aujourd’hui j’ai craqué. Il faisait trop froid, la situation était intenable. J’ai fini la journée en pleurant. Pas quelques larmes discrètes ma Jeannine, non: un torrent. Des larmes en cascade, incontrôlables et indissimulables. Mes collègues étant ce qu’ils sont – exceptionnels – ils m’ont consolée. Pas jugée une seconde sur le manque de professionnalisme que ces larmes seraient susceptibles de révéler. Certains naïfs ou abrutis pérorent sur le fait que les « métiers d’aide » se doivent de garder une certaine distance, que la compassion est nécessairement mesurée. L’affection est un gros mot dans nos métiers. On a une carapace, et c’est théoriquement ce qui permet de faire le job correctement. Ce soir ma carapace s’est fissurée.

Continuer la lecture de Quand il fait froid

3 ans déjà

A la naissance de mon fils, j’avais commencé à noircir quelques pages d’un carnet pour me souvenir des jolis moments, puis quelques mois plus tard, des premiers mots émouvants. J’avais prévu de continuer comme ça toute son enfance, mais la vie étant ce qu’elle est, j’ai fait d’autres trucs (des listes de courses, des courriers à l’URSSAF, des tartes aux pommes, que sais-je). Bref ça m’ennuie de ne pas avoir noté ce qui a été cool cette dernière année donc je vais le faire là. Ca t’embête pas? Je vais te noyer de souvenirs larmoyants. Bon appétit.

Continuer la lecture de 3 ans déjà