Te laisser partir

Des coeurs roses qui s'envolent vers le ciel

Ça n’est plus qu’une question de jour.

Des mois que tu nous supplies, que tu dis que tu en as marre, que tu veux que ça s’arrête. Des mois que tu prends sur toi, que tu absorbes les coups en serrant les dents. Que tu gueules, ou que tu te forces à sourire pour nous donner un peu de réconfort.

Mais cette fois-ci, tu en as marre.

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Les chèvres sont mes amies

des chèvres cherchent à manger

[Le début de l’histoire c’est là]

Je ne savais pas trop quoi attendre de cette journée d’anniversaire consacrée à une « transhumance à la campagne » avec mes meilleures amies. Et des chèvres. Qui saurait? Du coup, pour tromper l’attente et pallier l’angoisse, je l’ai préparée plusieurs jours en amont. J’ai commencé par demander à une bonne âme de me prêter des chaussures de marche (merci Sophie) ; pour marcher t’avoueras, c’est plus facile que des stilettos. Après il a fallu concocter une tenue pour s’assortir. C’est pas parce qu’on ne croisera que des coquelicots qu’il faut négliger son look. Je pressentais le guet-apens des 150 photos prises ce jour-là parce que quand même, une transhumance avec des chèvres et ses meilleures potes, c’est pas tous les jours: no way que j’arbore une silhouette hasardeuse pour les 50 années à venir. Puis il a fallu se lever à l’aube un dimanche: pour être là-bas (=très loin) à 9h, je me suis levée à 6h20, ce qui a nécessité de me coucher tôt et sans boire d’alcool la veille (je déconne, on est wild). Enfin il a fallu trouver le bled. Bien sûr on a mis Waze mais la pression était abyssale. A la brousse, quand tu loupes un embranchement, tu en prends pour quinze bornes de détour. Et ça, quand tu t’es levée à 6h20 un dimanche, encore bourrée de la veille, tu n’as pas envie de le vivre.

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Fêtons ça avec des chèvres

deux chèvres souriantes

J’ai bientôt 41 ans Jeannine. C’est fou non? C’est fou mais on s’en fout, parce que ce n’est pas ça la nouvelle. La nouvelle de la semaine, que dis-je, de l’année, c’est que mes meilleures amies m’offrent un trek avec des chèvres pour fêter ça.

Tu as bien lu.

Un trek avec des chèvres.

A moi qui ne sais pas ce qu’est un trek, ni même ce qu’est une chèvre.

Moi qui n’ai pas, et n’ai jamais eu, de « chaussures de rando ». Et pour cause: mes pieds ne le supporteraient pas. Si je leur mets ce type de pompes, je pense qu’ils font un AVC. Pas de pantalon multi-poches non plus ou de quelconque équipement dédié à la marche dans la nature (le premier qui prononce le mot « banane » est radié à vie).

J’ai un sac Chanel, mais ça, visiblement, tout le monde s’en fout.

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« Ca va le faire »

Petite fille qui tire la langue

C’est parti d’une envie. Ca part toujours d’une envie. Ce jour-là c’était pour des plantes.

J’avais choisi tout ce que je voulais, en prenant en considération la couleur et la taille (je cherchais des plantes hautes) mais aussi l’harmonie générale du balcon et l’exposition. J’étais assez concentrée parce que ce ne sont pas des choix que l’on effectue à la légère – j’accorde à mes plantes une importance significative. Je les chéris, je les soigne, je les bichonne: les voir s’épanouir me transporte. J’en étais là dans mes pensées lorsque mon tour est arrivé de payer – j’avais fait la queue cinq bonnes minutes. A la caisse, j’ai montré aux deux messieurs les cinq plantes que j’avais sélectionnées et que j’avais patiemment poussées sur les quelques mètres de queue. Les deux messieurs se sont regardés puis ont regardé autour d’eux. Ils semblaient chercher quelque-chose; moi j’avais hâte de payer et de ramener tout mon petit monde à la maison. Ils m’ont dit: « Vous êtes seule?! » en continuant à scruter les alentours. J’ai répondu par l’affirmative, non sans les rassurer d’un sourire appuyé. Ils avaient l’air inquiet. Ils ont continué: « Vous allez porter les cinq plantes toute seule ?! ». Deuxième sourire, encore plus appuyé. « Vous n’êtes pas garée loin ? » Si, j’étais garée à huit cent mètres. Troisième et dernier sourire, additionné d’un petit clin d’oeil, ambiance « Détendez-vous les gars, j’en ai vu d’autres ».

J’ai repris ma carte bleue, et j’ai soulevé les quatre sacs dans lesquels ils avaient rassemblé les plantes. « Mince, j’ai pensé, les sacs sont en plastique et les anses trop courtes, je ne peux pas les positionner sur mes épaules. Qu’à cela ne tienne, je vais les porter dans le pli du coude et à bout de bras ». Tandis que je terminais mon attelage, les vendeurs continuaient à m’observer, sans avoir réussi à se départir de leur scepticisme. J’ai tourné les talons avec dignité, un sac dans chaque pli du coude et un au bout de chaque bras, et je me suis engagée sur le chemin.

Huit cent mètres plus tard, en arrivant haletante et les bras tétanisés à hauteur de la voiture, après avoir croisé dix familles dont les enfants tiraient la manche de leurs parents ou me pointaient du doigt en disant « Regarde Papa, la dame elle va mourir », j’ai réalisé qu’en sus d’avoir perdu l’usage de mes bras, j’avais sous-estimé la place nécessaire au stockage des plantes dans le véhicule.

Ca ne rentrerait pas.

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Comme un lundi

FIlle dans la boue avec un regard de tueuse

Les gens qui disent « Comme un lundi », vous me pourrissez la vie.

Ca veut dire quoi « comme un lundi » ? Ca sous-entend quoi ?

Moi je me raboule au boulot le lundi dans toute mon ingénuité, avec quasi les couettes qui flottent au vent. J’ai passé un bon week-end (ou pas d’ailleurs) et je m’engage dans la semaine 18 avec envie. Je ne sais pas ce qui m’attend mais qu’importe je suis déjà gourmande de cette semaine 18! Peut-être qu’il va m’arriver des choses incroyables, qui sait? Je ne sais pas moi: que mon fils va se mettre à obéir, que je vais rencontrer Alain Chabat et qu’il va me supplier de participer à son prochain film (je t’annonce: j’accepte) ou que je vais réussir à me coucher tôt (les allégations n’ont pas de rapport entre elles. Meaning: @Alain, si tu me proposes un job, je me coucherai à l’heure que tu décideras).

Bref je suis pleine d’espoir vis-à-vis de cette semaine 18.

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J’ai rencontré la version aboutie de moi-même

Je me suis rencontrée en version réussie. Ca fait un choc je peux te dire.

La quarantaine, parisienne, un travail, un enfant. Ma vie, mais en version aboutie.

C’est une fille que j’ai croisée la semaine dernière. On a papoté, elle était assez sympa. Du coup le soir venu, je l’ai googlisée, normal, et je suis tombée sur son profil Insta.

#lechoc

Quand j’ai découvert les photos de sa vie, j’ai hésité un long moment entre geindre toute la nuit en émettant de petits cris étouffés et lui demander de m’adopter.

Je sais qu’on fait dire ce qu’on veut aux images. Que les profils des réseaux sociaux peuvent raconter une vie léchée et enviable très éloignée de celle que leurs propriétaires subissent en réalité. But still.

Toutes les photos elles formaient un ensemble tellement joli que j’en ai eu mal aux cheveux pendant trois jours.

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Si je n’avais pas commencé la danse

Je suis tombée sur une vidéo éloquente et très instructive sur psychologue.net (suis pas du genre à mater des chatons qui se frottent, crois-le bien). En substance,  la vidéo décrit les bénéfices que tu ressens quand tu fais de la danse: que tu es moins stressée et de meilleure humeur, tout ça. Alors j’ai immédiatement partagé sur la page Facebook (si tu ne la suis pas, c’est le moment de réparer parce que je ne partage que des trucs éloquents et très instructifs) et j’allais passer à autre chose quand m’est venue une fulgurance (une de plus, je ne sais plus où les mettre): Doux Jésus mais à quoi ressemblerait ma vie si je n’avais pas commencé la danse ?!!!

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Fuck la sérénité

Tu sais Jeannine, je me suis vachement assagie en grandissant. Aujourd’hui je travaille beaucoup sur mon moi intérieur. J’essaie de gagner en douceur, de faire davantage preuve de tolérance, de teinter de bienveillance chacune des paroles que j’adresse à mon fils ma bataille, de prendre en considération les conseils qu’on me donne, bref de devenir une meilleure personne, du moins moralement (physiquement je suis déjà au top).  Et j’aime bien cette époque où le développement personnel a pris sa part et nous apporte, chaque jour que Dieu fait, son lot de conseils pour apprendre à nous améliorer.

Mais comment dire? Trop c’est trop les gars. J’en ai plein dos des incantations bien-être des ayatollahs de la bien-pensance.

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