Lettre à celui que tu seras

Peluche se frottant les yeux

Voilà mon bébé, le fameux jour est arrivé: on est en 2033, et tu as 18 ans.

Oui je t’appelle encore « mon bébé », chanceux que tu es.

Qui sommes-nous en 2033?

De mon côté, j’imagine que je suis encore renversante de beauté. Tout du moins, c’est ce que ton père, encore très séduisant lui aussi (et qui ne m’a pas quittée pour une petite jeune), me susurre à l’oreille très régulièrement.  Nous formons un couple épanoui et mûr, nous avons appris de nos erreurs et les dissensions de notre jeunesse nous font sourire à présent.

La vie est merveilleuse.

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Fin de vacances

Tout va toujours bien.
Enfin on vient de réserver le taxi pour l’aéroport et d’acheter les sandwichs pour l’avion donc j’imagine que je peux prendre ca comme un signe de départ imminent.

C’est dommage, je commençais à me sentir chez moi.

Du coup j’ai dit au revoir à notre vendeuse de fruits et légumes qu’on a côtoyée matin et soir pendant 15 jours. Tellement ses produits sont bons (et peu chers: ca va faire bizarre de revenir à du dégueulasse hors de prix), tellement ces gens sont gentils, et tellement c’est un kif d’avoir ses habitudes dans un village.

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La bouée

(Bon c’était il y a 1 an. Tu n’es pas sans savoir que depuis, j’ai retrouvé un corps de rêve. Comme quoi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir).

Le plan plage avec un bébé, c’est trop de la balle. Le voir découvrir la mer, et se familiariser au fil des jours, c’est magique.
Au départ pour le baigner, on l’enduisait de crème solaire indice 50, puis on lui enfilait un tee-shirt manches langues anti-UV, et une casquette avec des bords qui retombent. C’est tout juste si on prenait pas le parasol avec nous dans l’eau. Bon maintenant tout ça a évidemment disparu: c’est à poil et puis basta.
Il est fils de rousse certes, mais aussi fils de noir. On mise davantage sur ce 2eme versant donc.

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La Martinique ça se mérite

Zorro pas content

Ca va Jeannine? Tu sais où je suis?

Je suis au pays du colibri.

Non, pas chez Pierre Rabhi.

En Martinique.

Au pays du Robert, du Gros Morne et de Petite Cocotte (ne me challenge pas, ces endroits existent).

En Mawtinik!

Je suis tellement dingue de leur accent, je pourrais vivre avec un martiniquais.

Au temps pour moi, c’est déjà le cas.

D’où le voyage d’ailleurs. Nous sommes venus présenter l’enfant.

C’est normal. La famille serait originaire du Havre, nous aurions pareillement fait le déplacement. Avec peut-être un tout petit moins d’empressement et un tout petit plus de k-way.

Et quid du vol qui nous a menés jusqu’à cette belle – mais bien lointaine – île?

Je t’épargne le suspense: c’était l’enfer.

L’apocalypse, le bout du chemin, la fin d’une époque (celle où j’adorais prendre l’avion).
Pour te dire, je crois que j’aurais préféré passer une soirée avec Valérie Pécresse.

 

Pourtant je m’étais préparée. J’avais lu moult blogs spécialisés sur comment voyager avec un enfant en bas âge, comme quoi qu’il faut prévoir de nouveaux jouets pour créer l’effet de surprise, les assoiffer pour pouvoir les faire boire au décollage et autres astuces imparables grâce auxquelles « le vol ne sera plus qu’une formalité »!

Bah ça ne marche pas, tu t’en doutes.

Déjà pour assoiffer son enfant, faut être la belle-mère de Cendrillon. Ensuite, les nouveaux jouets, ça marche 12 mn. Le vol dure 9 heures.

Je te fais un dessin ou tu visualises ?

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Maman travaille

L’autre jour au parc, une maman me raconte qu’aux dernières vacances d’été, sa fille a passé 3 semaines à réclamer qu’on lui tienne les bras pour marcher et qu’elle, la mère, a fini le dos en miettes et mega impatiente de reprendre le boulot.

Moi je souris parce que je suis polie, et que techniquement je comprends le concept de l' »impatience de reprendre le boulot », mais en vrai, je ne l’ai jamais ressentie, cette impatience.

Pourtant j’adore mon boulot. Je t’en parlerai plus tard, il est dingo.

Mais je n’ai jamais ressenti de soulagement à laisser mon fils. A qui que ce soit. Pas à la nounou, pas à ma mère, à personne.

Je le fais, attention, je ne suis pas une psychopathe, mais je ne le fais pas avec soulagement.

Parfois même, il m’arrive de laisser échapper quelques larmes quand je dois le laisser 24 heures (pas plus tard qu’avant-hier).

Tu peux te moquer Jeannine, mais c’est moche de se moquer, donc réfléchis bien.

Au début je pensais que c’était dû au fait que je n’étais pas habituée, et qu’il était tout petit. Et puis non. Je ne me suis toujours pas habituée.

Alors qu’il a 18 ans. Non je déconne, il a 15 mois.

Mais quand même, je sais que c’est un peu bizarre.

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C’est quoi un enfant de 1 an?

bébé de 1 an

Un enfant, un petit garçon de 1 an plus précisément, c’est globalement assez dément.

D’abord ça sent bon. Une odeur douce, sucrée, addictive. Alors je sais, ça fait pas la rue Michel comme dirait ma grand-mère, mais c’est quand même un bonheur absolu.

L’enfant sent bon donc. Après le bain avec le gel douche Klorane,  au réveil quand il a toute la nuit condensée dans sa nuque, et il sent bon aussi de la bouche, alors même qu’il ne se lave pas encore les dents. Chanceux va.

Je suis en tain d’étudier la possibilité d’enfermer un bout de son odeur dans un bocal pour me souvenir, quand il sera ado et qu’il sentira le bouc desséché, mais je n’ai pas encore trouvé la méthode.

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Bonnes résolutions

Dans ma vie d’avant, les bonnes résolutions étaient assez prosaïques: arrêter ceci, commencer cela (régime, cigarettes, sport, lecture des philosophes, etc).

Mais depuis que j’ai un enfant, mes bonnes résolutions ont changé de nature. Elles se sont élevées, tels les fondements d’une grande âme vers les cieux de la sagesse (Lao Tseu. Non je déconne).

La sélection naturelle ayant fait son boulot, certains arrêts ou commencements se sont faits d’eux-mêmes (régime, cigarettes, sport, lecture des philosophes, etc).

Et c’est ainsi que, subtilement, mes résolutions ont pris de la hauteur et sont désormais tournées vers des desseins plus nobles: la transmission de valeurs à l’enfant, la recherche du vrai, la poursuite du bon  (si c’est vrai).

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Avoir un enfant : tout ce qu’on t’a dit est faux

On m’a toujours présenté la maternité comme une suite d’abandons.

Abandon des grasses matinées, des nuits paisibles, du ciné, des restos, des moments à toi.

Plus de vie sociale.

Plus de vie sexuelle non plus d’ailleurs. Continuer la lecture de Avoir un enfant : tout ce qu’on t’a dit est faux