J’ai fait une séance d’haptonomie

Nouveau-né sur un nuage

Bon, Jeannine, je te préviens tout de suite: si toi ou une de tes connaissances avez vivement aimé cette expérience: cassez-vous, je vais la démonter.

En effet, par un soubresaut que je ne m’explique toujours pas, je me suis inscrite à une séance d’haptonomie. Et j’ai haï.

Evidemment je suis enceinte. Faire une séance d’haptonomie pour parler à son bébé quand on n’est pas enceinte, ça relève de la psychiatrie je pense.

Donc inscription et rencontre avec la sage-femme qui fait les séances d’haptonomie. Bon déjà, un point sage-femme. Cette dame parlait à voix basse.

Pourquoi? Et bien je ne sais pas. Nous étions en plein jour, je ne lui avais pas encore confié de secrets inavouables, elle n’avait pas mal à la gorge. Mais elle parlait à voix basse. Avec une espèce de ton un peu doucereux, comme si elle s’adressait à une enfant de 8 ans. Elle inclinait la tête aussi, avec une compassion très manifeste. Bon, tu commences à me connaître, ça me met mal à l’aise les gens qui s’adressent à moi comme si j’étais une malade en fin de vie. Ca me donne envie de les provoquer. Disons, ça réactive cette envie que je tente désespérément d’étouffer depuis que je ne suis plus en âge de provoquer. Là, quand j’ai devant moi une dame qui me parle comme si on était devant une grotte à Lourdes pour le traitement de la dernière chance, j’ai envie de mordre.

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3 ans déjà

A la naissance de mon fils, j’avais commencé à noircir quelques pages d’un carnet pour me souvenir des jolis moments, puis quelques mois plus tard, des premiers mots émouvants. J’avais prévu de continuer comme ça toute son enfance, mais la vie étant ce qu’elle est, j’ai fait d’autres trucs (des listes de courses, des courriers à l’URSSAF, des tartes aux pommes, que sais-je). Bref ça m’ennuie de ne pas avoir noté ce qui a été cool cette dernière année donc je vais le faire là. Ca t’embête pas? Je vais te noyer de souvenirs larmoyants. Bon appétit.

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Lettre à celui que tu seras

Peluche se frottant les yeux

Voilà mon bébé, le fameux jour est arrivé: on est en 2033, et tu as 18 ans.

Oui je t’appelle encore « mon bébé », chanceux que tu es.

Qui sommes-nous en 2033?

De mon côté, j’imagine que je suis encore renversante de beauté. Tout du moins, c’est ce que ton père, encore très séduisant lui aussi (et qui ne m’a pas quittée pour une petite jeune), me susurre à l’oreille très régulièrement.  Nous formons un couple épanoui et mûr, nous avons appris de nos erreurs et les dissensions de notre jeunesse nous font sourire à présent.

La vie est merveilleuse.

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Je suis Arielle Dombasle

La belle actrice Arielle Dombasle

Débarrassée de quelques kilos et autres contingences liées à un tout petit enfant (8 kg de matos pour se déplacer, où que tu ailles, avec un enfant en bas âge), rapport au fait que l’enfant a grandi, pas qu’on s’en est débarrassé évidemment, j’avais la ferme intention de revenir à mes fondamentaux: mon look.

C’est quand même un des sujets qui m’intéresse le plus dans la vie (oui Jeannine, je suis quelqu’un d’on ne peut plus superficielle. Paris Hilton à côté, c’est BHL). Le fait de pouvoir me replonger dans les délices d’une garde-robe estivale, dans laquelle j’allais pouvoir piocher à loisir, sans me soucier de contraintes physiques (eu égard à quelques souffrances passées) me réjouissait à l’avance lorsque je préparai ma valise.

Enfin un été où j’allais pouvoir déambuler, la jambe légère et la bouche entrouverte (en hommage à Arielle Dombasle), à travers les rues ensoleillées et sur les plages dorées de Sardaigne.

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[Sardaigne-Saison 1 Ep4] Fin de vacances

On profite toujours…
Enfin on vient de réserver le taxi pour l’aéroport et d’acheter les sandwichs pour l’avion donc j’imagine que je peux prendre ça comme un signe de départ imminent.

C’est dommage, je commençais à me sentir chez moi.

Du coup j’ai dit au revoir à notre vendeuse de fruits et légumes qu’on a côtoyée matin et soir pendant quinze jours. Tellement ses produits sont bons (et peu chers: ça va faire bizarre de revenir à du dégueulasse hors de prix), tellement ces gens sont gentils, et tellement c’est un kif d’avoir ses habitudes dans un village.

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[Sardaigne-Saison 1 Ep3] La bouée

Le plan plage avec un bébé, c’est trop de la balle. Le voir découvrir la mer, et se familiariser au fil des jours, c’est magique.
Au départ pour le baigner, on l’enduisait de crème solaire indice 50, puis on lui enfilait un tee-shirt manches langues anti-UV, et une casquette avec des bords qui retombent. C’est tout juste si on prenait pas le parasol avec nous dans l’eau. Bon maintenant tout ça a évidemment disparu: c’est à poil et puis basta.
Il est fils de rousse certes, mais aussi fils de noir. On mise davantage sur ce deuxième versant.

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[Sardaigne-Saison 1 Ep2] La prochaine fois on s’organise

On s’est vite adaptés.

Autant en Asie, il y a un côté découverte, explorations, inconfort même parfois (si si, même au beau milieu d’un paysage à couper le souffle, quand tu te douches à l’eau froide sur un sol moitié galets/moitié insectes, il y a un côté inconfort), autant en Sardaigne il y a un côté »je suis à la maison ».

D’autant qu’on a loué une maison. Enfin une maison, je m’entends. J’ai un peu oublié mon italien (mes humiliations quotidiennes face aux locaux dont je tente de me faire comprendre me le rappellent amèrement) mais quand même : « casa vicino al mare » ?
Bon donc moi j’avais intégré « maison sur la plage ».

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[Sardaigne-Saison 1 Ep1] Lasciate mi cantare

Bien arrivés!!!
Voyage presque parfait. Évidemment tout ne s’est pas passé comme prévu, et c’est à ces quelques dysfonctionnements que j’ai compris qu’on était en vacances.
Moi tant que je ne me pète pas le genou, rien n’est grave.

A peine ai-je failli vomir sur mon fils.
Bon, peut-être que ça aurait occasionné un petit rictus de contrariété de sa part. Ou de celle de l’Homme, qui était collé à moi à l’arrière de la voiture. Ou de la part du chauffeur de la voiture, le propriétaire de la maison qu’on a louée et qui était venu nous chercher. Continuer la lecture de [Sardaigne-Saison 1 Ep1] Lasciate mi cantare

La Martinique ça se mérite

Zorro pas content

Ca va Jeannine? Tu sais où je suis?

Je suis au pays du colibri.

Non, pas chez Pierre Rabhi.

En Martinique.

Au pays du Robert, du Gros Morne et de Petite Cocotte (ne me challenge pas, ces endroits existent).

En Mawtinik!

Je suis tellement dingue de leur accent, je pourrais vivre avec un martiniquais.

Au temps pour moi, c’est déjà le cas.

D’où le voyage d’ailleurs. Nous sommes venus présenter l’enfant.

C’est normal. La famille serait originaire du Havre, nous aurions pareillement fait le déplacement. Avec peut-être un tout petit moins d’empressement et un tout petit plus de k-way.

Et quid du vol qui nous a menés jusqu’à cette belle – mais bien lointaine – île?

Je t’épargne le suspense: c’était l’enfer.

L’apocalypse, le bout du chemin, la fin d’une époque (celle où j’adorais prendre l’avion).
Pour te dire, je crois que j’aurais préféré passer une soirée avec Valérie Pécresse.

 

Pourtant je m’étais préparée. J’avais lu moult blogs spécialisés sur comment voyager avec un enfant en bas âge, comme quoi qu’il faut prévoir de nouveaux jouets pour créer l’effet de surprise, les assoiffer pour pouvoir les faire boire au décollage et autres astuces imparables grâce auxquelles « le vol ne sera plus qu’une formalité »!

Bah ça ne marche pas, tu t’en doutes.

Déjà pour assoiffer son enfant, faut être la belle-mère de Cendrillon. Ensuite, les nouveaux jouets, ça marche 12 mn. Le vol dure 9 heures.

Je te fais un dessin ou tu visualises ?

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Bonne fête à moi-même

femme qui profite de la vie

Ce matin j’ai fait une grasse matinée. Lorsque j’ai émergé de mon sommeil réparateur, j’ai entendu les oiseaux gazouiller joyeusement et senti quelques rayons de soleil me caresser le visage, que j’avais détendu (et pas zébré de l’oreiller et ridé de la vieillesse).

Je me suis levée: mon enfant dormait encore (il fait souvent des grasses matinées) alors j’ai pris le temps de me faire un copieux petit-déjeuner comme dans les magazines avec des trucs aux noms chelous qu’on paie l’équivalent d’une livre de caviar genre graines de chia et protéines de cacao. Je fais très attention à ma santé.

Je me suis fait couler un café, sans crainte que ça ne réveille l’enfant car notre appartement est grand. Le temps s’étirait lentement et je sirotais mon breuvage fumant en feuilletant distraitement mon ELLE.

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