Lettre d’amour à Marti

sable blanc et mer turquoise

Chère Martinique,

Ca y est, nous t’avons quittée. 2 semaines sont passées, nous sommes rentrés (c’est moi ou tu la fais en vers là? Tu t’es pris pour Francis Lalanne ou quoi?! Reviens bordel).

By the way ca t’ennuie si je t’appelle Marti? C’est plus convivial.

2 semaines de vacances, de ballades, de rencontres, de découvertes en tous genres.

Marti je t’écris pour te déclarer ma flamme: je t’aime.

D’abord parce que tu es belle.

Alors je sais: ce qui compte c’est ce qu’il y a à l’intérieur, mais l’enveloppe, t’avoueras, ça compte un peu (regarde Le Havre par exemple).

T’es toute colorée. Des buissons fleuris, rose, rouge, corail, envahissent et enlacent tes maisons, toutes, même les plus spartiates. Les fleurs multicolores se répandent et s’épanouissent sur chaque centimètre de ta terre, tellement que c’en est un jardin à ciel ouvert. Les bougainvillées, les acacias carmin, les oiseaux de paradis orange vif, les hibiscus ont réjoui mon oeil et nourri ma gourmandise jusqu’à satiété.

Ton surnom « Madinina », « l’île aux fleurs », n’est pas usurpé.

Tes plages Marti… J’en ai fait quelques-unes ailleurs pourtant. Non pas que j’aie déjà parcouru le monde entier (pas encore mais ça viendra, je te le dis) mais enfin j’ai eu la chance de voir 2 ou 3 plages sympas. Et bien les tiennes sont parmi les plus belles et les plus variées qu’il m’ait été donné de voir.

L’une est sauvage, battue par les vents, ombragée par un entremêlement de cocotiers, d’amandiers et de mancenilliers. L’eau vert émeraude est agitée de vagues et propice au kite surf.

A quelques kilomètres de là, l’autre est tranquille, son eau turquoise et translucide. On y barbote en savourant sa chance.

Mais ce que j’aime par-dessus tout c’est ton accent Marti. Cet accent qui chaloupe et respire le soleil. Ton accent qui enveloppe les « r » dans un tissu madras et colore chacune des tes phrases. Je t’avoue que je ne suis pas encore totalement à l’aise avec le créole (c’est peu de le dire: je ne comprends rien) mais l’écouter ravit mes oreilles de « métro  » (« métropolitaine » Jeannine. Fais un effort).

Tes habitants chaleureux m’ont accueillie à bras ouverts (zavaient pas énormément le choix rapport au fait que je suis concubinée à l’un des leurs mais quand même, ça fait plaisir). Ils sont souriants, aiment rire et danser, recevoir et mettre à l’aise. On se sent bien avec eux.

Enfin je me suis régalée de ta cuisine, Marti: je le dis sincèrement, elle est un ravissement pour les papilles. Le crabe Matoutou, le lambis et le tinin morue sont déjà dans mon top 10. Tes jus de goyave ou de prune de Cythère, tes pommes d’eau et tes mangues aussi …

Tu es un petit paradis Marti.

Merci de m’avoir accueillie et t’inquiète, je reviens bientôt.

 

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Zika tu ne m’auras pas

mer bleue turquoise et ciel bleu

Ainsi nous sommes en Martinique.

Tu veux dire là où y a Zika?

Tout juste.

Deux semaines de vacances pour essayer de choper ce truc dont on ne sait pas encore s’il est mortel (quoiqu’il y ait eu un mort le jour de notre arrivée. D’ici à y voir un signe, il n’y a qu’un pas. Que nous ne franchirons pas car nous sommes foncièrement optimistes. Complètement cons? Peut-être).

Toujours est-il qu’on est jeunes (t’en mêle pas Jeannine) et que c’est pas un petit moustique à deux balles qui va nous effrayer.

Pensais-je.

Avant d’arriver.

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La Martinique ça se mérite

Zorro pas content

Ca va Jeannine? Tu sais où je suis?

Je suis au pays du colibri.

Non, pas chez Pierre Rabhi.

En Martinique.

Au pays du Robert, du Gros Morne et de Petite Cocotte (ne me challenge pas, ces endroits existent).

En Mawtinik!

Je suis tellement dingue de leur accent, je pourrais vivre avec un martiniquais.

Au temps pour moi, c’est déjà le cas.

D’où le voyage d’ailleurs. Nous sommes venus présenter l’enfant.

C’est normal. La famille serait originaire du Havre, nous aurions pareillement fait le déplacement. Avec peut-être un tout petit moins d’empressement et un tout petit plus de k-way.

Et quid du vol qui nous a menés jusqu’à cette belle – mais bien lointaine – île?

Je t’épargne le suspense: c’était l’enfer.

L’apocalypse, le bout du chemin, la fin d’une époque (celle où j’adorais prendre l’avion).
Pour te dire, je crois que j’aurais préféré passer une soirée avec Valérie Pécresse.

 

Pourtant je m’étais préparée. J’avais lu moult blogs spécialisés sur comment voyager avec un enfant en bas âge, comme quoi qu’il faut prévoir de nouveaux jouets pour créer l’effet de surprise, les assoiffer pour pouvoir les faire boire au décollage et autres astuces imparables grâce auxquelles « le vol ne sera plus qu’une formalité »!

Bah ça ne marche pas, tu t’en doutes.

Déjà pour assoiffer son enfant, faut être la belle-mère de Cendrillon. Ensuite, les nouveaux jouets, ça marche 12 mn. Le vol dure 9 heures.

Je te fais un dessin ou tu visualises ?

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