La dignité dans la loose

Eglise dans la vieille ville

On a roulé dans la carcasse, barboté dans la flotte et salué tous les italiens présents sur la plage parce que l’enfant avait appris à dire « ciao » et qu’il adore faire son politicien en campagne, puis il a été l’heure de rentrer.

Sur le chemin du retour, tout le monde était un peu ramolli, l’enfant avait faim de son goûter (j’avais dit: « On va pas le faire goûter dans la voiture, ça va tout pourrir les sièges. On attend d’être rentrés à la maison »). Il en avait marre, il chouinait façon porte qui grince. Moi j’avais le visage trop salé et les cheveux emmêlés. Jim avait du sable jusqu’au plus profond de son être.

Alors on a essayé d’être rapides et efficaces, on s’est engagés dans les petites rues de la grande ville, en tournant au gré des flèches qui te demandent de tourner. Et puis d’un coup, va comprendre, on s’est retrouvés dans la vieille ville.

Celle qui est piétonne.

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Fin de vacances

Tout va toujours bien.
Enfin on vient de réserver le taxi pour l’aéroport et d’acheter les sandwichs pour l’avion donc j’imagine que je peux prendre ca comme un signe de départ imminent.

C’est dommage, je commençais à me sentir chez moi.

Du coup j’ai dit au revoir à notre vendeuse de fruits et légumes qu’on a côtoyée matin et soir pendant 15 jours. Tellement ses produits sont bons (et peu chers: ca va faire bizarre de revenir à du dégueulasse hors de prix), tellement ces gens sont gentils, et tellement c’est un kif d’avoir ses habitudes dans un village.

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La bouée

(Bon c’était il y a 1 an. Tu n’es pas sans savoir que depuis, j’ai retrouvé un corps de rêve. Comme quoi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir).

Le plan plage avec un bébé, c’est trop de la balle. Le voir découvrir la mer, et se familiariser au fil des jours, c’est magique.
Au départ pour le baigner, on l’enduisait de crème solaire indice 50, puis on lui enfilait un tee-shirt manches langues anti-UV, et une casquette avec des bords qui retombent. C’est tout juste si on prenait pas le parasol avec nous dans l’eau. Bon maintenant tout ça a évidemment disparu: c’est à poil et puis basta.
Il est fils de rousse certes, mais aussi fils de noir. On mise davantage sur ce 2eme versant donc.

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La prochaine fois on s’organise

On s’est vite adaptés.

Autant en Asie, il y a un côté découverte, explorations, inconfort même parfois (si si, même au beau milieu d’un paysage à couper le souffle, quand tu te douches à l’eau froide sur un sol moitié galets/moitié insectes, il y a un côté inconfort), autant en Sardaigne il y a un côté »je suis à la maison ».

D’autant qu’on a loué une maison.
Enfin une maison, je m’entends.
J’ai un peu oublié mon italien (mes humiliations quotidiennes face aux locaux dont je tente de me faire comprendre me le rappellent amèrement) mais quand même : « casa vicino al mare » ?
Bon donc moi j’avais intégré « maison sur la plage ».

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Lasciate mi cantare

Ca va Jeannine? Je t’explique: je suis en Sardaigne. J’ai bien l’intention de te raconter, t’inquiète, mais en attendant je m’en vais te conter nos aventures de l’année dernière où c’est que j’avais pas de blog mais je te parlais déjà 😊 A bien vite ma Jeannine

 

Bien arrivés!!!
Voyage presque parfait. Évidemment tout ne s’est pas passé comme prévu, et c’est à ces quelques dysfonctionnements que j’ai compris qu’on était en vacances.
Moi tant que je ne me pète pas le genou, rien n’est grave.

A peine ai-je failli vomir sur mon fils.
Bon, peut-être que ça aurait occasionné un petit rictus de contrariété de sa part. Ou de celle de Jim, qui était collé à moi à l’arrière de la voiture. Ou de la part du chauffeur de la voiture, le propriétaire de la maison qu’on a louée et qui était venu nous chercher. Continuer la lecture de Lasciate mi cantare

Lettre d’amour à Marti

sable blanc et mer turquoise

Chère Martinique,

Ca y est, nous t’avons quittée. 2 semaines sont passées, nous sommes rentrés (c’est moi ou tu la fais en vers là? Tu t’es pris pour Francis Lalanne ou quoi?! Reviens bordel).

By the way ca t’ennuie si je t’appelle Marti? C’est plus convivial.

2 semaines de vacances, de ballades, de rencontres, de découvertes en tous genres.

Marti je t’écris pour te déclarer ma flamme: je t’aime.

D’abord parce que tu es belle.

Alors je sais: ce qui compte c’est ce qu’il y a à l’intérieur, mais l’enveloppe, t’avoueras, ça compte un peu (regarde Le Havre par exemple).

T’es toute colorée. Des buissons fleuris, rose, rouge, corail, envahissent et enlacent tes maisons, toutes, même les plus spartiates. Les fleurs multicolores se répandent et s’épanouissent sur chaque centimètre de ta terre, tellement que c’en est un jardin à ciel ouvert. Les bougainvillées, les acacias carmin, les oiseaux de paradis orange vif, les hibiscus ont réjoui mon oeil et nourri ma gourmandise jusqu’à satiété.

Ton surnom « Madinina », « l’île aux fleurs », n’est pas usurpé.

Tes plages Marti… J’en ai fait quelques-unes ailleurs pourtant. Non pas que j’aie déjà parcouru le monde entier (pas encore mais ça viendra, je te le dis) mais enfin j’ai eu la chance de voir 2 ou 3 plages sympas. Et bien les tiennes sont parmi les plus belles et les plus variées qu’il m’ait été donné de voir.

L’une est sauvage, battue par les vents, ombragée par un entremêlement de cocotiers, d’amandiers et de mancenilliers. L’eau vert émeraude est agitée de vagues et propice au kite surf.

A quelques kilomètres de là, l’autre est tranquille, son eau turquoise et translucide. On y barbote en savourant sa chance.

Mais ce que j’aime par-dessus tout c’est ton accent Marti. Cet accent qui chaloupe et respire le soleil. Ton accent qui enveloppe les « r » dans un tissu madras et colore chacune des tes phrases. Je t’avoue que je ne suis pas encore totalement à l’aise avec le créole (c’est peu de le dire: je ne comprends rien) mais l’écouter ravit mes oreilles de « métro  » (« métropolitaine » Jeannine. Fais un effort).

Tes habitants chaleureux m’ont accueillie à bras ouverts (zavaient pas énormément le choix rapport au fait que je suis concubinée à l’un des leurs mais quand même, ça fait plaisir). Ils sont souriants, aiment rire et danser, recevoir et mettre à l’aise. On se sent bien avec eux.

Enfin je me suis régalée de ta cuisine, Marti: je le dis sincèrement, elle est un ravissement pour les papilles. Le crabe Matoutou, le lambis et le tinin morue sont déjà dans mon top 10. Tes jus de goyave ou de prune de Cythère, tes pommes d’eau et tes mangues aussi …

Tu es un petit paradis Marti.

Merci de m’avoir accueillie et t’inquiète, je reviens bientôt.

 

Zika tu ne m’auras pas

mer bleue turquoise et ciel bleu

Ainsi nous sommes en Martinique.

Tu veux dire là où y a Zika?

Tout juste.

Deux semaines de vacances pour essayer de choper ce truc dont on ne sait pas encore s’il est mortel (quoiqu’il y ait eu un mort le jour de notre arrivée. D’ici à y voir un signe, il n’y a qu’un pas. Que nous ne franchirons pas car nous sommes foncièrement optimistes. Complètement cons? Peut-être).

Toujours est-il qu’on est jeunes (t’en mêle pas Jeannine) et que c’est pas un petit moustique à deux balles qui va nous effrayer.

Pensais-je.

Avant d’arriver.

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La Martinique ça se mérite

Zorro pas content

Ca va Jeannine? Tu sais où je suis?

Je suis au pays du colibri.

Non, pas chez Pierre Rabhi.

En Martinique.

Au pays du Robert, du Gros Morne et de Petite Cocotte (ne me challenge pas, ces endroits existent).

En Mawtinik!

Je suis tellement dingue de leur accent, je pourrais vivre avec un martiniquais.

Au temps pour moi, c’est déjà le cas.

D’où le voyage d’ailleurs. Nous sommes venus présenter l’enfant.

C’est normal. La famille serait originaire du Havre, nous aurions pareillement fait le déplacement. Avec peut-être un tout petit moins d’empressement et un tout petit plus de k-way.

Et quid du vol qui nous a menés jusqu’à cette belle – mais bien lointaine – île?

Je t’épargne le suspense: c’était l’enfer.

L’apocalypse, le bout du chemin, la fin d’une époque (celle où j’adorais prendre l’avion).
Pour te dire, je crois que j’aurais préféré passer une soirée avec Valérie Pécresse.

 

Pourtant je m’étais préparée. J’avais lu moult blogs spécialisés sur comment voyager avec un enfant en bas âge, comme quoi qu’il faut prévoir de nouveaux jouets pour créer l’effet de surprise, les assoiffer pour pouvoir les faire boire au décollage et autres astuces imparables grâce auxquelles « le vol ne sera plus qu’une formalité »!

Bah ça ne marche pas, tu t’en doutes.

Déjà pour assoiffer son enfant, faut être la belle-mère de Cendrillon. Ensuite, les nouveaux jouets, ça marche 12 mn. Le vol dure 9 heures.

Je te fais un dessin ou tu visualises ?

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L’Everest en tongs

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue.

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrer que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs

Avant ce récit il y a eu ça et ça.


Hier on a fait une sortie au Parc National d’An Thong. En tongs.

Ils sont rigolos ces thaïs parce qu’on a fait l’équivalent de l’Everest… en tongs donc, mais pour savoir qui était capable de le faire avant de partir, ils nous ont simplement demandé si on avait le vertige.

Non mon ami, je n’ai pas le vertige: quand je monte en ascenseur en haut de l’Arc de Triomphe par exemple, ça va. En revanche, escalader à mains nues une montagne de rochers escarpés et acérés comme des lames de couteaux japonais – que si tu fais un mouvement de travers, tu décroches et tu meurs – je considère que c’est pas pareil tu vois ???

Quand je repense à cette ascension, Doux Jésus, j’en ai les genoux qui se rencontrent…

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Je suis une artiste

Jeannine je t’explique, ce sont mes souvenirs de voyage. Ils sont cocasses.

Car nous avons vécu des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres (t’as vu comment je prends bien la vie?) qui ont forgé la femme intrépide et soyeuse que je suis devenue.

A l’époque il n’y avait pas d’enfant, nous voyagions en amoureux et je voulais lui montrer que j’étais autre chose qu’une bourgeoise aux cheveux longs

Avant ce récit il y a eu ça.


On a pris le bus et on est arrivés à bon port.

A 3h du matin.

Au port, bon ou pas, à 3h du matin, y a pas de bateaux qui partent.

Donc on a attendu que ce soit l’heure que les bateaux partent.

Chacun a tué le temps à sa façon. Quelques-uns ont bu des bières, Jim a bouquiné, moi j’ai dormi sur un banc avec les moustiques.

« Dormi » étant peut-être un peu exagéré si l’on considère le temps que j’ai passé à remettre en place mon gilet, pour qu’il recouvre le bas de mon dos et que le haut isole ma nuque. J’ai dû le faire une petite centaine de fois, ce qui, au vu de mes piqûres de moustiques, s’est révélé parfaitement inutile.

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